Après un split avec
Antaeus et
Temple Of Baal,
Aosoth s’était fait remarquer dans les milieux underground. Quand enfin le premier album vit le jour,
Aosoth s’est imposé comme étant bien plus que le projet parallèle de MkM d’
Antaeus.
C’est un an après la parution de ce premier album éponyme que MkM remet le couvert en compagnie de BST (
Aborted,
Balrog)
Si le premier méfait d’
Aosoth dévoilait un disque sombre et malsain,
Ashes Of Angels va encore plus loin dans le côté ténébreux et froid. C’est sans aucun doute le premier constat que l’on pourra faire.
Le Black Metal déshumanisé des débuts est toujours palpable et son approche est encore plus violente, avec un son chaotique comme on l’aime mais paradoxalement la production sonne plus moderne qu’à l’accoutumée. Mais le tout reste évidemment dans un esprit underground, avec une éthique sombre et décadente. Et ceci est sans doute la force de ce nouvel opus qui sonne comme une offrande au Malin, mais aussi comme une sorte de guerre intérieur où l’esprit enrôle tout ce qu’il y a de plus malsain chez l’Homme pour en faire éclater une violence imparable.
Les ambiances de ce disque sont suffocantes et elles mettent mal à l’aise. La sensation d’errer au beau milieu d’un couloir sombre et humide dans un sous-sol obscure sera une sensation forte, une sensation que le groupe retranscrit inévitablement avec ses riffs assassins et presque martiaux. Cependant, quelques lignes légèrement mélodiques et quelque peu en retrait font quelques apparitions judicieuses. On pense à
Ashes Of Angels, le titre éponyme, mais aussi certaines intro comme celle de Path Of The Twisted Light qui n’est pas sans rappeler certains passages de
Deathspell Omega. Certains passages sonnent un peu plus Indus avec des riffs lourds et sales, mais qui ressortent tout de même de l’ensemble par des aspects hypnotiques. Parfois même, le tempo est considérablement ralenti, laissant place à des guitares inspirées mais dépouillées.
Et pourtant, on pourra sentir une aura Death Metal planer sur cet opus, mais on parle ici d’un Death Metal dans la veine de
Grave, Merciless ou Vorum, un Death Metal malsain et ravageur du début des années ’90. De cette manière,
Aosoth nous apporte une puissance très noire puisée dans un Black Metal violent et torturé et dans un bon vieux Death Metal crade et malsain. Et même si ces aspectes semblaient plus présent dans le premier opus d’
Aosoth, elles font désormais partie intégrante du style propre au groupe. Mais dans l’esprit, on est bel et bien ancré dans un Black Metal sombre et sinistre. Et il faut savoir aussi qu’
Aosoth n’est pas le pâle reflet d’
Antaeus ou de
Balrog, même si par certains moment on sent la présence sadique et perverse de
Balrog, ou encore l’explosivité véhémente d’
Antaeus. Mais
Aosoth a son identité propre, un son qui flirte parfois avec le religieux, notamment grâce à un son de batterie invocatoire comme sur Summon The Dead aux allures de marche funèbre et morbide, ou encore les guitares envoutées de Path Of The Twisted Light ou de Cries Out The Heaven.
On notera également une reprise d’
Antaeus, le désormais cultissime Inner War qui figure en première piste du terrible et démoniaque
Cut Your Flesh And Worship Satan qui a marqué la scène Française à jamais. Une reprise qu’
Aosoth intègre désormais à son set lors de ses prestations live.
Avec ce nouvel album,
Aosoth ne failli pas à la réputation qu’il s’était forgé quelques temps auparavant. Sans être totalement indispensable, cette offrande sera appréciée des fans de Black Metal.