Si vous pensez qu’une musique puissante, riche et sophistiquée passe forcément par des tonnes de notes, des grosses guitares et des arrangements compliqués, nous vous conseillons de jeter une oreille à ce nouvel opus du duo finlandais
Subaudition.
Pratiquant une musique acoustique éthérée aux accents folk et ténébreux, le groupe nous propose avec «
Light On The Path » un véritable chef d’œuvre. Dissonance, silence, fragilité porteuse d’une violence sous jacente et donc forcément dérangeante,
Subaudition offre une véritable leçon à tout ceux qui ont pu oublier que la musique, à la base, c’est avant tout un vecteur fait pour transmettre des émotions.
Quatre années auront été nécessaires à l’élaboration des sept titres qui composent cet album. Si les deux musiciens auront pris leur temps, le résultat est à la hauteur des efforts d’un groupe qui se joue des paradoxes avec une maestria qui force le respect : profond mais léger, simple mais d’une richesse incroyable, beau et triste, enchanteur et désenchanté. En un mot magistral.
Dépourvu de la moindre section rythmique, le groupe utilise tout au long de leur album des instruments acoustiques. Si quelques touches de guitare électriques et d’orgue aussi discrètes qu’élégantes viennent agrémenter certains titres, ce sont bien les pianos, clarinettes, guitares acoustiques et violoncelles qui sont à l’honneur tout au long de ces 41 minutes envoutantes. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Si
Subaudition pratique une musique folk, la structure des morceaux et leurs arrangements pourraient sans problème être qualifiés de " post-rock ". A bien des égards, une chanson comme « Human Abstract » nous rappellent les plus grands titres de Mogwaï.
«
Light On The Path » est un voyage dont on ne ressort pas indemne. Si les premières minutes du disque peuvent faire penser naïvement que l’écoute se fera tranquillement, sans heurt, il suffira d’un « SÝnne » (l’un des plus beaux morceaux de l’album) et son violoncelle pour plonger l’auditeur dans un état proche du spleen le plus total. Le son est chaud mais le fond glacial.
On préférera vous prévenir, une écoute prolongée de ce «
Light On The Path » pourra titiller les glandes lacrymales des plus sensibles d’entre nous. A consommer avec modération donc pour tous ceux qui ont mal à l’âme et un petit cœur fragile.
Certes, la musique de
Subaudition n’est pas parfaite. Certaines parties de chant de « Feather Fall » flirtent avec le faux, la linéarité de l’album pourra en faire piquer du nez certains mais paradoxalement, encore une fois, ces mêmes défauts ne font que renforcer la fragilité, la cohérence et la puissance de la musique du groupe. Quand au timbre de la voix de Antti Korpinen, il est fort probable qu’il ne fera pas l’unanimité.
Mais au final on ne pourra que constater l’extraordinaire talent des finlandais. L’intro de « Feathers Fall » est à tomber, le piano de « The Soul Unto Aether Fall » prompt à faire hérisser les poils d’un imberbe chauve, quand à « Wall Of Water », il termine l’album d’une manière somptueuse. On remerciera au passage le groupe d’y avoir glissé ce piano lancinant et jubilatoire comme s’il voulait nous faire comprendre que toute tristesse était porteuse d’espoir.
Subaudition pourra se vanter, et ce, sans brutalité ni artifice, de nous avoir mis l’une des claques musicales de l’année.
Chapeau bas Messieurs….