Certains interprètes tentent vainement de s’exprimer dans l’utopie d’une continuité artistique, reflet fidèle de leurs illustres inspirateurs. Cependant, perpétuellement en mouvement l’art ne peut se satisfaire de cet immobilisme créatif. Le déclin, inéluctable, de ces rêveurs n’est plus alors qu’esclave de temps. Mais sur les dépouilles froides de leurs cadavres exquis, terrassés par le conformisme, leur dernier souffle de vie crie encore cet amour insensé pour une coutume antique, héritage intact de ces heures glorieuses. Ce dernier râle, d’une agonie parfois démesurément longue, empeste tant de cette similitude créative engendrés, surtout, par une fâcheuse tendance au mimétisme sans inspiration.
Les derniers soubresauts de ces hordes transalpines incessante, cousins plus ou moins parents de Rhapsody, et à la créativité plus ou moins heureuse, paraissaient, en ces temps là, pourtant déjà oubliés. Epuré de son ivraie, le Power Metal de ces terres italiennes ne nous proposait alors que les plus talentueux. Il ne fallait toutefois pas mésestimer les ultimes assauts d’un Underground Symphony toujours prêt à en découdre. Autrefois le label avait inconsidérément alimentés le champ de batailles d’une multitude de guerriers parfois maladroits, d’une profusion de musiciens souvent dispensables, mais semblait résigner à s’inscrire dans la démarche plus sensé, et plus scrupuleuse, de sorties moins quantitative mais plus qualitative. La fébrilité de la découverte est argument, sans doute, plus vendeur que celui d’un pari sur le retour à une nostalgie improbable.
Dans ce contexte, où les souverains du royaume Power Metal semblent solidement installés sur leurs trônes, les rivaux méconnus s’acharnent inutilement. Si
Athlantis peut apparaitre comme néophytes sur la scène, il compte toutefois en son sein quelques fines lames reconnus, essentiellement, sur leurs fiefs natals. Ainsi, en va-t-il d’un Pier Gonela, et de ses guitares, venant tout justes d’intégrer les rangs de
Labyrinth, ou encore d’un Steve Vawamas, et de sa basse, s’illustrant au cœur de
Shadows Of Steel.
Si l’évocation d’une certaine consanguinité musicale avec Rhapsody est évidente, c’est plus précisément dans les visages de
Shadows Of Steel et de
Labyrinth qu’il faudra chercher des ressemblances à ce rejeton d’
Athlantis. Nous proposant un Power Speed Metal aux constructions alternant rythmes et atmosphères variées, il s’évertue à fouler, encore, ces chemins tant et tant foulés. Dès lors, bien évidemment, les enchainements véloces, les riffs symptomatiques, les claviers omniprésents, sont de rigueur. La filiation de ce
Athlantis avec sa terre de naissance, l’Italie, est marquante ; mais elle est encore mis en exergue par l’usage de ces chants aux timbres aigus typiquement spécifique des ces terres berceau de l’empire romains (un sentiment renforcé par la présence au chant de Rob Tyrant (
Labyrinth) et de
Wild Steel (
Shadows Of Steel, Soulblaze,
Wild Steel) en tant qu’invités surprises). Ainsi voici venir la copie la plus conforme de ces groupes déjà cités, ainsi voici l’indigne descendant de la scène transalpine. Voilà comment nous pourrions résumer ce groupe, sans le nécessaire travail approfondis de rigueur.
Etant entendu qu’
Athlantis possède, assurément, un aspect caricaturalement semblable à ces aïeuls, et qu’il développe un propos peu original, il n’en demeure, pourtant, pas moins attachant. Sur cet œuvre il parvient, malgré tout, à nous offrir des moments intéressants. Ainsi des titres tels que Surrender, le très bon Voices et son duo vocal entre un Rob Tyrant talentueux et un ténor, un heureux Flyin’Higher ou encore un joli Delian parviennent, entre autre, à nous rappeler aux meilleurs souvenirs des délicieux sentiments éprouvés lors de l’écoute du premier essai éponyme de
Shadows Of Steel.
Sans transcender le genre, et donnant à entendre un Power italien, quelques peu, désuet,
Athlantis démontre, néanmoins, quelques belles qualités qui font de lui, un bons conservateur de ces souvenirs passés à défaut d’être un groupe aux propos visionnaires.