En plus de vous faire découvrir un bon disque de « grind n’roll » gras et déchaîné, cette chronique enrichira votre culture générale en vous apprenant qu’en latin, «
nolentia » signifie « ne pas vouloir » ou « mauvaise volonté ».
Commençons par le commencement et la pochette de ce
One loud Noise and it’s Gone…, premier album de
Nolentia. Avec ses tons rose et noir, son aspect enfantin fait main et sans avoir encore écouté l’album, on pourrait craindre que le cd ne nous oriente vers un nouveau truc emo à oublier au plus vite. Qu’on se rassure, il n’en est vraiment rien et le décalage avec la musique de
Nolentia est si important que la pochette en devient tout à fait à propos. Rien à voir cependant avec l’abominable et kitschissime pochette du dernier
Gronibard, par exemple car celle des Toulousains, bien que surprenante, n’a pas ce côté grotesque et délibérément ridicule.
Cet esprit décalé, on le retrouve partout chez
Nolentia. Il suffit de se rendre sur leur myspace, où le groupe compare sa musique à « Nietzsche philosophant à coups de marteau sous l'emprise de LSD et poursuivi par des Ewoks teigneux », pour s’en rendre compte. Avec un peu d’imagination (ou d’alcool), cette description semble d’ailleurs assez adaptée à ce que les Toulousains proposent sur cet album. Il suffit ensuite de l’écouter pour en être bien sûr.
Pour donner un aperçu rapide - et quoi qu’on dise du côté parfois artificiel des comparaisons et des étiquettes -,
One loud Noise and it’s Gone… ressemble fort à un cocktail où on aurait mixé (la liste est non exhaustive)
Napalm Death,
Nasum,
Entombed,
Down,
Converge et du punk-rock. Parce que oui madame, cet album est délirant et enragé à la fois et l’auditeur, alors qu’il se trouve assommé par les riffs incisifs et les blast ultra-rapides d’un grind ravagé (
Plurality Of Self), peut aussi bien être précipité dans une atmosphère crasseuse et lourde proche du sludge voire du doom (le diptyque
Destruct/
Construct ou le titre
Rhetoric Of Self-Abhorrence en étant l’expression flagrante) que dans un gros trip rock’n’roll semblable à une charge pachydermique et étonnamment groovy que plus d’un amateur d’
Entombed appréciera (
Oyster,
What Could Be).
La base grind mais aussi hardcore est bel et bien omniprésente, mais
Nolentia ne se cantonne presque jamais à un seul genre bien défini et alterne constamment ses diverses influences dans cet ensemble assez hétérogène, plutôt bordélique mais violemment efficace. La production, brute, renforce le côté très rock’n’roll et « crasseux » de la musique pratiquée par
Nolentia. La basse, bien mise en avant et visiblement accordée très bas, apporte quant à elle à la base rythmique ce groove qui rend le tout singulièrement accrocheur et brutal à la fois. Quant au niveau des musiciens, il est plus qu’honorable et les multiples changements de rythme et de tempos qui parsèment cet album le confirment aisément. Le chant, enfin, incombe tour à tour au guitariste et au bassiste, ce qui permet une alternance entre une voix grave proche du death et une voix criarde plus orientée grind et hardcore, apportant ainsi davantage de variété.
14 chansons, 34 minutes,
One loud Noise and it’s Gone… est rapidement exécuté. Cet album devrait parfaitement agrémenter vos soirées d’automne/hiver passées à vous secouer le crâne avec vos camarades de biture. Sans une immense prétention, avec une recette qui fait mouche et une musique efficace,
Nolentia est avec ce premier album un groupe bien prometteur.