Arch Enemy, les Frères Amott, Angela Gossow, une carrière qui a littéralement explosée avec l'arrivée de cette dernière derrière le micro sur le puissant Wages Of Sin. On pouvait se demander jusqu'où le groupe pourrait aller, jusqu'à quel stade il pouvait progresser. Anthems Of Rebellion, malgré ses qualités, mettait déjà quelques freins à l'inspiration de la formation qui ne parvenait plus à surprendre ou même à être impérial de bout en bout. Doomsday Machine, lui, se présente dans une période trouble vu que
Christopher Amott, petit frère de Michael et présent depuis les débuts, fait par de ses intentions de quitter le groupe à l'issu de l'album pour trouver un vrai job.
Donc, dans une ambiance quelque peu tendue, le disque est enregistré sous la houlette de
Rickard Bengtsson, avec l'inaltérable
Andy Sneap au mixage. L'évolution est au niveau de la stagnation, c'est à dire que la musique d'
Arch Enemy n'évolue pas d'un iota ici, cela s'inscrit dans la droite lignée de ce qui a été fait sur Anthems Of Rebellion. Ici, la voix de Angela Gossow se veut plus trafiquée qu'à l'accoutumée, on ne la reconnait pas du premier coup, comme si elle avait eu une poussée d'hormone avant d'entrer en studio et qu'on l'imagine très bien du coup terminer comme les nageuses olympiques de l'Allemagne de l'Est, avec barbe et favoris. Du coup, on a l'impression désagréable que ses performances passées n'ont été que de la poudre aux yeux et que la belle ne sait plus s'imposer sans artifices. La différence n'est plus utilisée à bon escient, elle rentre dans une banalisation quelque peu décevante.
Musicalement, on retrouve des riffs typés Amott Brothers, tout ce qu'il y a de plus classique, avec cette légère touche neo que l'on trouvait déjà sur l'opus précédent. pas de quoi s'en formaliser, ce qui est plus gênant est cet espèce de répétition des thèmes qui devient agaçante à la longue car peux de titres sortent du lot en définitive. Tout sonne terriblement formaté, tout est prévisible, de la dureté d'une guitare rythmique aux harmonies qu'elle distillera par la suite, les soli qui ont un petit air de déjà entendu, des refrains faciles et souvent bâclés (
I Am Legend/Out For Blood). Et du coup, on se retrouve avec un album qui sonne terriblement creux, malgré la lourdeur du son, malgré la puissance des chansons. Mais la puissance n'est rien si l'écriture n'est pas au rendez-vous. Niveau inspiration,
Michael Amott ne semble pas franchement concerné par
Arch Enemy, ou alors, il est trop impliqué et trop en colère contre son frère pour garder la tête froide et avoir le recul nécessaire sur son travail.
Doomsday Machine n'est pas raté de bout en bout, mais peu s'en faut. Il reste ça et là quelques morceaux qui parviennent à sortir du lot. Heureusement. Le talent, même en pilotage automatique, arrive toujours à se trouver une petite place, même si
Nemesis ne fera pas franchement de l'ombre à des morceaux comme
Ravenous ou
Dead Eyes See No Future, l'effet de surprise n'est plus là, la fluidité naturelle du groupe non plus. Et c'est aussi un point négatif de cet album, cette absence de fluidité, de recherche musicale, où les recettes qui ont bien marché avant son répétées à la louche, complètement à l'aveugle et qui du coup ne fonctionne pas, ou très peu.
Doomsday Machine est un plantage. Autant dire ce qui est. Cela peut arriver, même aux meilleurs. La situation interne n'a pas joué en sa faveur, l'absence d'implications des uns et l'absence d'idées des autres n'a pas arrangé l'ensemble, bien au contraire ! Il marquera toutefois un coup d'arrêt brutal à la renommée grandissante d'
Arch Enemy, replaçant le groupe à un niveau plus humain pour lui, toujours bien placé dans le coeur des fans, mais ramené à un niveau plus humain. Un mal pour un bien, en somme ? Peut-être, oui.