Quelque-part au cœur de Philadelphie en Pennsylvanie, au début des années 80 sous l'impulsion du guitariste, chanteur et claviériste Tom Keiffer et du bassiste Eric Brittingham, nait un groupe au destin prodigieux,
Cinderella. Fort des talents artistiques remarquables de ses musiciens et d'un tempérament singulier, incarné surtout par un Tom Keiffer emblématique, ces musiciens vont, en effet, parvenir à séduire assez rapidement un auditoire conquis par l'expression musicale de ce Glam Metal, Hair Metal, Hard Rock alors très appréciés dans les contrées américaines d'où ils sont issus. Toutefois
Cinderella va parvenir à se démarquer en nous en proposant une vision qui révèle quelques spécificités attrayantes et quelques aptitudes charmeuses différente de nombres d'autres groupes. L'aspect le plus notoire de ce particularisme atypique réside dans cette voix si étrangement aigus et rugueuse dont use le vocaliste de cette formation.
Après la signature d'un contrat avec un label, en l'occurrence un Mercury/Polygram Records, le premier témoignage concret de cette expression musical quelque peu distincte prends la forme d'un album qui se nomme Night Songs et qui sort en 1986.
Si le premier pas est maladroit, et s'alourdit de quelques défauts indiscutables, il est surtout le formidable révélateur des capacités encourageantes d'artistes prometteurs. Au sujet de cette promesse évoquons des morceaux qui de leur bonne tenue laisse, effectivement, présager d'un meilleur à venir. Parlons donc des quelques hymnes qui parsèment l'œuvre. Abordons, en premier lieu, un superbe Night Songs qui de ses méandres lancinants, de ses ponts salutaires et de ses refrains superbement communicatifs, nous entrainent vers le plaisir. Le morceau, bien que peu représentatif de la musique de ce groupe, est captivant.
Bien plus significatif de ce Heavy Rock, Glam Metal, Hair Metal, Rock, de cette musique festive, expansive et entrainante que pratique cette formation, Shake Me et Push, Push sont deux excellentes chansons.
Ajoutons aussi Somebody Save Me qui, dans un genre plus concerné et sérieux, atteint assez aisément ses objectifs. Mentionnons encore Nobody's Fool, une jolie ballade réussi dans laquelle Tom Keiffer parvient à nous conquérir en usant d'une alternance chants clairs et chants écorchés dont le contraste saisissant nous offre un résultat émouvant.
Au chapitre des imperfections, puisqu'il est nécessaire et indispensable d'en parler afin de préserver l'intégrité inhérente à l'exercice de la critique la plus objective possible, il faudra bien reconnaitre qu'au delà des pistes évoquées, les autres, malgré des qualités indiscutables, manquent encore un peu de personnalité et ne se transcende, encore une fois, que par les chants atypiques d'un vocaliste aux capacités rares et précieuses.
Le fait d'avoir débuté son premier album par un titre, bien que superbe, aussi peu caractéristique de sa musique pourrait aussi constituer une imperfection certes mineure mais embarrassante tout de même.
Pour conclure cette revue des quelques tares de ce Night Songs, parlons aussi de cette production dont on aurait aimé qu'elle mette davantage encore en exergue les chants de Tom Keiffer qui semble, parfois, lointains et irréel. Cependant, difficile de dire aujourd'hui si le procédé mettant à mal l'équilibre sonore de l'ensemble, constitue une réelle erreur ou s'il s'inscrit dans les habitudes d'une époque révolus.
Un premier album handicapé par quelques défauts mais démontrant toutes les vertus d'un groupe qui, bientôt, allait réussir à se sublimer pour nous offrir des œuvres intemporels, indispensables et bouleversantes.