Siége Perilous, troisième méfaits des américains de
Kamelot, n'est sans doute pas un album exceptionnel et inoubliable mais il s'inscrit cependant comme une œuvre cruciale dans la, désormais, longue carrière de cette formation.
Après avoir, notamment, souffert bien trop longtemps des frasques d'un Mark Vanderbildt refusant de se plier aux diverses contraintes de l'exercice consistant à se confronter à son public dans le cadre de la scène, le groupe aura décidé d'ébranler son ossature. Le chanteur, aux talents limités et aux exigences continues, se voit donc remplacer par Rhoy Khan, transfuge de groupe de Metal Progressif Conception. On déplorera, en premier lieu, de ne pas pouvoir se satisfaire pleinement du travail de ce nouveau venu, tant la production de ce dernier manifeste est, une fois encore, insuffisante à donner le relief nécessaire et indispensable à ses interventions.
Mutation aussi au sein de la charnière rythmique puisque en lieu et place d'un Richard Warner, aux aptitudes insuffisantes derrière ses fûts, on retrouve désormais un Casey Grillo qui dynamise littéralement cet album de par ces judicieuse envolée de double grosse caisse.
De ces bouleversements profonds vont naitre les singularités de l'âme caractéristique d'un
Kamelot dont on ressent ici les premiers frémissements.
Si ce changement de personnel explique certaines des évolutions positives dans l'art de
Kamelot, il n'est cependant pas suffisant à expliquer entièrement l'aspect primordiale que revêt ce Siége Perilous dans son parcourt. Il faudra dès lors évoquer ces bouleversements, plus profond encore, concernant son expression créative.
S'il y eut toujours sur les œuvres de ce groupe une aspiration progressive assumé, désormais elle s'affine, à la mesure d'une maitrise grandissante, en un résultat d'une intéressante efficacité. Toutefois la transformation la plus délicieusement audible réside dans ces aveux trahissant des aspirations aux influences Heavy Power Metal, désormais, plus marqués encore.
Résultat immédiat des capacités, notamment, de Casey Grillo, ce disque nous propose alors de découvrir quelques rugosités de compostions plus rapides, de la part d'un
Kamelot jusqu'alors peu coutumier du fait. Ainsi s'il n'est pas rare de trouver ces savoureuses double-croches au détour d'un refrain, d'un solo ou d'une mélodie d'un morceau aux rythmes traditionnellement Heavy (King's Eye, Irea), elles sont parfois martelées plus promptement par le batteur, stimulant ainsi certains autres titres, les élevant à la vélocité entrainante et délicieuse (Millenium, Parting Vision).
De plus, si paradoxalement les éléments progressif sont désormais plus présent, le groupe sait en user avec suffisamment de parcimonie pour ne point égarer son auditoire dans les inextricables méandres d'une intelligibilité fâcheuse (Expedition, l'excellent Rhydin).
Casey Grillo et
Roy Khan font donc un travail remarquable au cœur d'une musique remarquablement composé. Nul doute, enfin, que la renommé de cet opus eut été plus grande encore si ces efforts n'avaient pas été proprement dévastés par une production fautive ne révélant pas suffisamment les aspérités de ce manifeste, et le confinant donc dans une certaine platitude morne.
Fondamentalement Siége Perilous est donc un bien meilleur album que Dominion. Toutefois les défauts inhérent à ce traitement sonore, où les ingénieurs du son furent incapable d'y exhausser l'expression artistique de
Kamelot, lui font indéniablement perdre de sa superbe.