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Chroniques :: Chronique de Angel Of Retribution

Chronique de Angel Of Retribution

Judas Priest  - Angel Of Retribution (Album)

Pétard mouillé



Deux albums studio et deux lives, pas tous franchement bien accueilli, voilà le bilan de l'ère Tim Owens au sein de Judas Priest. Certains diront que c'est déjà de trop, d'autres protesteront avec vigueur face à cela. Toujours est-il que le jeune Américain a été conduit vers la sortie puisque Rob Halford faisait son grand retour en tant que grand prêtre. Bonne nouvelle pour les fans, mais si l'on se fie aux derniers efforts solo du monsieur, on se demande si c'est le choix le plus judicieux vu que les voix étaient constamment trafiquées. Retour de coeur ou appel de l'argent ? Difficile à dire, sauf que pour les fans du combo de Birmingham, c'est la danse du slip.

Le groupe en profite pour revenir à son ancien logo, légèrement arrangé pour l'occasion. Et plutôt que de poursuivre dans la voie qu'il s'était tracé sur Jugulator et Demolition, le Priest fait un sacré retour en arrière en proposant une espèce de best-of. Difficile de considérer Angel Of Retribution comme un véritable album tant les différents morceaux ressemblent à un clin d'oeil à leur discographie passée (Angel aurait ainsi pu figurer sur Killing Machine en lieu et place de Before The Dawn, Hellrider fait clairement référence à Painkiller...). Judas Priest n'avance plus, il ne cherche plus à se renouveler, comme cela a fréquemment été le cas par le passé, pour le meilleur et pour le pire. Ce n'est même pas de la stagnation, plutôt une manière de faire un retour en arrière et d'appuyer sur la corde sensible de ceux qui les suivent depuis des années en faisant référence à des albums qui pour la plupart sont devenus des pierres angulaires du metal.

Laxisme ? Envie de faire un retour tonitruant après des années de traversée du désert ? Dans ce cas, il aurait mieux fallut chercher à revenir en 1990 et se servir de Painkiller justement comme base de travail en marquant une réelle évolution. Le fait que Angel Of Retribution soit composé principalement de mid tempos est également révélateur quant à la capacité de Rob Halford d'assurer le chant. En effet, l'homme a vieilli, il s'est mis à fumer le cigare et ses cordes vocales ne sont plus les mêmes qu'à ses débuts. Il peut profiter de la technologie en studio pour corriger tous les défauts, mais comme le prouve le petit DVD disponible avec certaines éditions de l'opus, sur scène, il est presque fini. Performance vocale indigne, vouté au-dessus d'un prompteur, il n'est en live plus que l'ombre de lui-même. Aussi, il fallait composer des titres qui lui donnent moins de fil à retordre, où il peut se reposer avant les classiques qui lui demandent de monter dans les aigus. D'ailleurs, il ne propulse pas souvent sa voix ici, se laissant mené par le rythme des morceaux, se montrant plus sobre qu'à l'accoutumé.

Le disque ressemble presque à un jeu du coup. Deviner à quel album chaque composition se réfère est un passe-temps ludique sur Angel Of Retribution. Cependant, passé quelques heures, cela devient lassant et on se concentre alors pleinement sur la musique et sans être un vide abyssal, on se demande toutefois quelle est la finalité d'un tel disque. Ce n'est pas franchement mauvais, mais il n'y a vraiment rien d'exceptionnel non plus. La machine à riffs et à soli qu'était Judas Priest est émoussée. Les duels de guitares ne sont pas franchement mémorables, comme si la paire Tipton/Downing n'était pas plus concernée que cela. Ian Hill semble toujours ne pas servir à grand chose, tandis que Scott Travis joue de plus en plus mécaniquement. Certes, sa frappe impressionne toujours, mais il manque parfois cruellement de subtilité (Judas Rising perd grandement en finesse avec cette double grosse caisse omniprésente et sans variation).

Angel Of Retribution est un disque d'assemblage. Comme certains vins. Mais là, franchement, le cru ne sera pas millésimé. Cependant, le disque passera à la postérité pour une seule et unique raison : le retour d'Halford au chant, qui revient comme un messie, un fait que l'équipe commerciale et marketing chargé de la distribution de l'album a parfaitement compris. Angel Of Retribution, cela devait être la grand messe. On ne peut même pas dire qu'il s'agisse d'une rixe de confessionnal, juste un disque un brin tape à l'oeil et qui demeure trop moyen pour les promesses qu'il distribuait. Une déception.

The Priest Is Back ! (ou presque)



Après avoir quitté le groupe en 1991 après la sorite du monumental Painkiller, Rob Halford est de retour dans Priest, bien décidé à remettre ça. On peut lire partout que Angel Of Retribution est le successeur de Painkiller et qu'il reprends la ou on s'était arrêté. Halford dit vrai, mais en ce qui concerne trois morceaux seulement : Judas Rising qui a une bonne intro qui monte crescendo et qui explose par la suite, du pur Priest, Demonizer qui est très intéressante, rentre dedans et a une rythmique atypique pour du Priest, et surtout Hellrider qui est la boucherie Metallique de l'album, un concentré de riff mortels et carrés et de solis assassins.

Mais même si ces trois morceaux reprennent bien l'esprit "Vous allez en prendre plein la gueule" de Painkiller, c'est hélas loin d'être le cas avec les autres. Deal With The Devil est tout juste sympatoche en live, Revolution, le single de l'album, est pourtant le moins bon titre (!) et Wheels Of Fire sent les années -80, ce qui n'est pas forcément un mal en soit, mais quand on se vante d'avoir sorti un album vraiment moderne et actuel, ça fait tâche. Et puis même musicalement, ça fait tâche. Ces trois morceaux contiennent des riff usés jusqu'a la moelle et ont le mauvais gout du plat servi et resservi 36 fois. Et trois morceaux Heavy seulement déjà entendu, sur un album de dix morceaux ou il y a 2 ballades et une power ballade, ça fait mal.

Parce que oui, il y a une power ballade, (pas franchement ratée mais pas Beyond The Realms Of Death non plus, il s'agit de Worth Fighting For,) et deux ballades. Angel, qui ne ravira que les très grands fans de la voix du new Halford qui se veut pleureur, mais qui est assez chiante et Eulogy qui a un coté mystique très agréable.

Alors pourquoi 6.5/10? Pourquoi 6.5/10 alors que 3 morceaux sont du réchauffés et trois autres sont des ballades ou des power ballades et qu'on a normalement affaire a un album Metal? Qu'est ce qui hisse le skeud au rang de "bon album" avec tant de remplissage?

Et bien c'est à cause de Lochness mesdames et messieurs, Lochness. Très très très grand morceau à placer en haut, tout en haut de la barre a coté de Beyond The Realms Of Death dont on parlait tout à l'heure.
L'intro est faites de guitares massives à la Black Sabbath, le ton est donné : le morceau de 13 minutes sera gigantesque. L'intro finie, les guitares se taisent avant de réapparaitre sous une petite mélodie obsédante qui trottera pendant quelques temps avant d'enchainer sur un riff qui claque comme ça n'a jamais claqué chez Priest, tel une baffe de Mike Tyson dans la tronche d'un enfant de 8 ans, tel un tsunami qui débarquerait, imparable, sur votre coque de noix, tel un cyclone qui détruirait tous les abris anti-nucléaire du monde... ... ... ... Tel un ouragan monstrueux emportant tout sur son passage.. ... ... ... Tel une avalanche monstrueuse qui passe sans pitié sur votre pauvre cabane de bois... ... ... ... tel, tel, tel. On s'est compris.

Puis, Halford chante, impérial et digne, sous des riff aux allures de Rammstein pour la lourdeur du son et de Candlemass pour la noirceur relative de l'ambiance. Viens le refrain beau à en avoir des frissons. Quelques minutes après, le solo de Tipton transcende l'histoire guitaristique du gars, puis, ça se calme. Retour des guitares massives de l'intro, apaisement total de l'auditeur en état de quasi transe, Halford, impressionnant de dignité se lance dans des chants Grégoriens de toute beauté. Puis, re assommement de l'auditeur avec un riff énorme (cyclone, avalanche, et tout le bordel) avant d'embrayer sur le refrain pour finir par un autre solo terrible qui joue derrière la petite mélodie obsédante du début qui tourne et retourne.

Certaines personnes ont jugées Lochness de comble de l'emmerdement. Qu'elle continuent de déblatérer leur méconnaissance de la beauté véritable d'un riff lourd et grave, elles ne savent pas ce qu'elles manquent.

Un bon album donc, qui contient trois brulots, trois réchauffés, trois ballades et un monstre.

Les Plus :

- Lochness qui place la barre des compos longues et épiques très haut
- Les titres rentre dedans
- Les solis sont presque tous excellents

Les Moins :

- Beaucoup de réchauffé
- Halford est fatigué
- Trop de morceaux calmes

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par Int, le 30 avril 2008
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Commentaires


Très bonne analyse. Même si pour un fan tout l'album est bon, tu as su dire l'essentiel et sortir du lot les 4 ou 5 morceaux exceptionnels, qui à eux seuls méritent d'acheter cet album.
mer. 30 avril 08- 05:00  
Ouais enfin je prend plaisir avec tous les morceaux, sauf Revolution, mais faut reconnaitre qu'il y en a un ou deux qui sortent bien plus du lot ou qui attaquent plus efficacement.
jeu. 7 août 08- 22:46  
Et ton avis sur Nostradamus ? Personnellement je le trouve supérieur à AOR.
Bien plus abouti et riche en émotions.

sam. 9 août 08- 08:17  
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Angel Of Retribution - Infos

Voir la discographie de Judas Priest
Infos de Angel Of Retribution
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Sortie : 1 mars 2005
Genre : Heavy Metal
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Judas Rising (3:52)à écouter en premierlistenparoles de Judas Rising
2. Deal With The Devil (3:54)paroles de Deal With The Devil
3. Revolution (4:42)paroles de Revolution
4. Worth Fighting For (4:17)listenparoles de Worth Fighting For
5. Demonizer (4:34)paroles de Demonizer
6. Wheels Of Fire (3:41)paroles de Wheels Of Fire
7. Angel (4:23)paroles de Angel
8. Hellrider (6:06)à écouter en premierparoles de Hellrider
9. Eulogy (2:54)paroles de Eulogy
10. Lochness (13:28)à écouter en premierparoles de Lochness
écouter : Ecouter l'album



Judas Priest

Judas Priest
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