Depuis ses débuts,
Angmar se fait discret, et pourtant, ses rares créations sont de qualité. Qu’il s’agissent de la première démo très vite introuvable (mais très vite rééditée sous la forme d’un split avec
Alcest) ou de son premier album chez Northern Silence Production, les normands ont rapidement très vite su conquérir un public passionné par une musique extrême, noire, et intense.
En cette année 2009,
Angmar revient avec un tout nouvel album qui va encore plus loin que les précédentes réalisations du groupe. Les fans de la première heure seront dans doute ravi car Hemreich et sa bande ont décidé de pousser encore plus loin la profondeur de leur art pour nous fournir une œuvre sombre, intense et épique pour le plus grand bonheur des amateurs.
Avec son intro très prenante et hypnotique,
Angmar nous plonge dans un monde froid et malsain qui transpire le malaise. Le côté hypnotique se fera d’ailleurs ressentir tout au long de l’album. Que ce soit avec les chants incantatoires rituels ou encore les chœurs envoutants de Perdition,
Angmar mettra incontestablement une barrière entre l’homme et l’art. Un art qui sera transcendé par une musique soignée et maitrisée, mature et imposante, riche et intense.
Un côté très progressif dans les compositions fera de ce
Zurück In Die Unterwelt un album vraiment varié tout en restant pourtant dans un registre typiquement Black Metal. Et ce même côté progressif sera sublimé par des ambiances relativement épiques comme en témoignent des morceaux comme
Zurück In Die Unterwelt par exemple ou encore cette pièce impressionnante qu’est Perdition. Ainsi,
Angmar nous propose des titres qui oscillent entre 5 et 20 minutes, mais le tout avec une cohérence incroyable. Les morceaux longs n’en sont pas pour autant chiants, loin de là même, ce sont peut-être les plus intéressants, rapprochant d’ailleurs le groupe d’une frange que l’on appelle ‘post-Black’ représentés par des groupes comme
Blut Aus Nord ou
Altar Of Plagues.
On peut aussi sentir dans le son quelques influences comme
Celestial Bloodshed pour la lourdeur des tempos, la qualité des compositions, mais aussi par les aspects légèrement dépressifs de certains passages. On pense aussi Ã
Hellveto ou
Belenos ou encore certains disques de
Graveland pour le côté épique de certains morceaux. Car même si le style est différent, l’approche reste bien plus originale que chez certains autres groupes de Pagan comme
Ensiferum ou
Korpiklaani.
L’auditeur pourra être surpris par des titres comme Unborn Of The
Ancient Times dont les guitares sont judicieusement froides et incisives, tout en restant rapides et mélodiques quand il le faut, soutenues par ce chant désespéré et haineux. Les paroles sont assez saisissantes et tout au long de son œuvre,
Angmar utilise aussi bien l’allemand que l’anglais, mais aussi le français, ce qui fait que l’œuvre en ressort encore plus riche avec un mélange de langues aux différentes origines qu’elles soient germanique, anglo-saxonne, ou latine, nos chanteurs jouent avec elles pour faire ressortir le meilleur des textes et ainsi sublimer son œuvre.
Pour ceux qui s’intéresseront à l’artwork,
Angmar nous a toujours proposé des visuels de qualité. Celui-ci, réalisé par Fog, s’impose comme un bon compromis entre celui de
Metamorphosis et du split avec
Alcest, mais en bien plus sombre, mystique, et presque fantomatique. Un artwork qui colle donc à merveille avec la musique de ce nouvel opus qui s’annonce déjà comme une pierre angulaire dans la discographie du groupe.
Avec ce nouvel opus,
Angmar confirme que la scène underground française a encore de beaux jours devant elle et que celle-ci arrive encore et toujours à nous surprendre. Le disque restera tout de même peu accessible aux amateurs de musique trop propre, mais les fans sauront apprécier cet album à sa juste valeur.