Formé en 2000,
Deathstars réunit en son sein les membres de Swordmaster et
Dissection. Une union improbable, mais fructueuse puisqu'en 2002 sort ce
Synthetic Generation, véritable petite bombe d'indus sombre et entraînant. Résultat surprenant pour un mélange qui ne l'est pas moins, ce premier album leur permettra d'étonner la sphère metallique en 2002, et ce à grands coups de rythmiques martiales, samples ingénieux et riffs tranchants.
Laissez
Deathstars vous envelopper de son sac mortuaire: direction l'univers sombre, froid et malsain des suédois...
Laissons de côté le look à la
Marilyn Manson des musiciens, concentrons-nous sur cet opus. Un artwork sombre et malsain qui n'hésite pas à mélanger vision morbide et rôle militariste, le visuel colle parfaitement à la musique de
Deathstars. "Semi-Automatic" et ses samples mettent l'auditeur dans l'ambiance dès les premières secondes: sombre et entraînante, la musique de cette nouvelle formation suédoise est avant tout accrocheuse. Le chant de Whiplasher est aussi grave que celles de
Rammstein et de
The 69 Eyes, mais la comparaison s'arrête ici, car
Deathstars mise avant tout sur des atmosphères fouillies et recherchées, auxquelles s'ajoutent des refrains vraiment accrocheurs.
Dans l'ensemble, l'indus de
Deathstars développe une ambiance malsaine et militariste par le biais des rythmiques martiales et autres samples ravageurs. Les musiciens se débrouillent plutôt bien avec leurs parties, surtout quand on sait qu'ils sont bien loin de leur style d'origine... Du coup, des morceaux comme "Synthetic Generation", "New Dead Nation" ou encore "Syndrome" témoignent de la réussite de cet opus. Et sa réussite passe avant tout par la franche identité du combo, qui s'affirme chaque fois un peu plus à l'écoute de ce
Synthetic Generation. D'ailleurs, l'album s'écoute d'une traite sans que l'auditeur ne soit frappé de cette sensation de "déjà-entendu". Pourtant, dans un style aussi répétitif (au niveau des structures) que l'indus, ceux-là parviennent à emmener l'auditeur dans de sombres pensées ("Little Angel"), dans un univers chaotique et décadent. Les samples vraiment intéressants font office ici de sauf-conduits aux portes du monde de
Deathstars, si particulier et pourtant si attirant... Cela en devient la force du combo: morceaux aux sonorités modernes mais ultra-accrocheuses, le tout sublimé par un refrain qui reste ancrée dans votre mémoire, dans le but de vous asservir de l'intérieur.
Cependant, la fin d'album perd légèrement en crédibilité, la faute à des morceaux moins accrocheurs que ce début d'album tonitruant. Pourtant, tout y est, mais la sauce ne prend pas aussi bien que sur "Semi-Automatic". Sur onze morceaux, seuls trois sont concernés ("The Revolution Exodus", "The Rape" et "Genocide"),
Deathstars reste donc dans la moyenne!
Deathstars est parvenu avec
Synthetic Generation à renouveler un style trop morne et prévisible. Ce premier opus leur a valu également une certaine reconnaissance du public, et c'est bien mérité, car les compositions tiennent vraiment bien la route. Leur style, entraînant et sombre, a toutes les chances pour faire un carton... Le son
Deathstars se dévoile ici, laissant apercevoir au passage le potentiel naissant d'une formation à part dans le paysage musical suédois.