Sorti dans la foulée de Anything Worth Doing Is Worth Overdoing, First Cuts... And Then Some est une espèce de EP dans une forme un peu bâtarde, difficile à cerner tant cela revient à comparer le jour et la nuit. Profitant d'une certaine forme de succès retrouvé pour le groupe, le label Massacre Records décide de rééditer le premier mini LP éponyme de la formation, originellement paru en 1983 et quasiment impossible à se procurer, ainsi que l'EP In Santa's Claws, publié initialement en 1990 et qui fera hausser les sourcils de plus d'un fan passé à côté de cette euh... oeuvre à sa sortie.
Pretty Maids, sur les six premiers titres, datant donc de 1983, c'est un habile compromis entre le Europe des débuts avec une touche fort sympathique de
Scorpions. On est encore loin de la virulence développée sur le fabuleux Red, Hot And Heavy, mais déjà, on pouvait détecter une envie de frapper un grand coup. Redécouvrir ces morceaux en 1999, ça ne rajeunit pas. En 2010, ça sonne encore plus daté, comme un épisode de la Quatrième Dimension qui faisait saliver à la lecture du résumé, mais qui ne passe aujourd'hui plus que difficilement l'épreuve de l'écran. Parce que ça a vieilli. Parce que la remasterisation est soit inexistante, soit tellement faible qu'elle en est scandaleuse. Les compositions sont sympathiques pourtant, hésitant continuellement entre le mid tempo et la vitesse, avec une approche mélodique qui sera la marque de fabrique du groupe durant toutes ces années. Certains morceaux comme
City Light ou
Shelly The Maid pourraient même faire office de classique s'ils avaient été employés plus tôt sur un autre album, plutôt que d'attendre toutes ces années pour ressortir des tiroirs et se présenter à une fan base qui était en pleine reconstruction.
Et ça se gâte étrangement avec la seconde partie du disque. En effet, reprendre l'EP In Santa's Claws a quelque chose d'étrange. Entre le morceau titre et
A Merry Jingle, il y a de quoi rester pantois. Quand les groupes de metal s'amusent à faire des chants de Noël, c'est souvent une catastrophe et on n'échappe pas vraiment à la règle ici. Musicalement, c'est plus jouissif que l'album Jump The Gun, mais on est loin d'y trouver un quelconque intérêt hors saison. Ecouter cela en été, par exemple, c'est à la limite du ridicule. La saisonnalité et tout ça... Les captures lives quant à elle, ne servent plus à grand chose pour ceux qui possèdent déjà Screamin' Live, sinon à faire une gentille redite qui n'amène pas grand chose de plus, sinon de quoi boucher les trous jusqu'au bonus
Far Far Away qui est une espèce de ballade acoustique où
Ronnie Atkins chante tout le long d'une voix assez éraillée, pas désagréable, mais même là, on se dit qu'il manque quelque chose ou pire, que c'est le genre de chanson qui aurait du rester dans les tiroirs, tant elle est quelconque, voire commerciale.
Some Cuts... And Then Some s'adresse avant tout à un public de fans. Découvrir le groupe avec ce produit qui est, insistons sur le mot, bâtard, risque de détourner l'attention de plus d'une personne décidé à donner sa chance à
Pretty Maids. Les six premiers titres sont tout simplement bons. Le reste entre dans la catégorie du dispensable, voire de l'inutile et sur la longueur ça ne pardonne pas. Pour ceux qui connaissent déjà le groupe et à qui il manque des pièces dans la collection, cet EP offre une bonne séance de rattrapage même si on ne s'attardera toujours qu'à une moitié de ce disque : la première.