Appréhender une nouvelle œuvre des danois de
Pretty Maids est à chaque fois une aventure que l’on voudrait unique et énigmatique. Pourtant si assurément Ronnie Atkins et les siens, fort de leur longue carrière, n’ont plus réellement la capacité, ni même la volonté à priori, de s’inscrire dans une quelconque révolution musicale, et que d'emblée on sait plus où moins, toujours ce que l’on pourra attendre d’eux, c’est bel et bien dans la proportion de ce plus ou de ce moins que le groupe peut encore susciter une quelconque surprise. Qui peut-ignorer, en effet, connaissant les danois, que leur visage le plus Heavy sera forcément présent ? Qui peut ne pas savoir, goutant leurs œuvres passés, que leur faciès le plus mélodique sera fatalement partie intégrante de l’œuvre présente aussi ? Qui peut ne pas connaitre, au son de leur musique, leur éternelle incapacité à intégrer toutes leurs envies et toutes leurs influences majeures ? Pas votre humble serviteur, en tous les cas.
Pourtant évolution il y a, certes pas saisissantes, mais suffisamment notoires pour être évoqué. Ainsi, enfin, dans un ensemble construit de manière nettement plus harmonieuse, l’œuvre développes son propos tantôt aux sons d’un Hard Rock mélodique aux parfums et aux riffs subrepticement Heavy, et tantôt à ceux d’un Heavy mélodique. L’aspect mélodique de ces deux versants étant, enfin, le lien cohérent de l’ensemble de la musique des danois. Ainsi dans une expression aux propos nettement moins distinctement marqués qu’autrefois, le groupe réussi à donner véritablement un sens liant à sa musique. Pourtant, si l’uniformité de cette œuvre demeure très intéressante, l’exacerbation de sa musicalité a la fâcheuse tendance à, forcément, rendre ses titres les plus nerveux et les plus énergique nettement moins efficaces. Ainsi
Wake Up to the Real World, All in the Name of Love leurs refrains et leurs éléments un peu trop mélodiques et évidents, perdent quelques peu de leur saveur la plus fougueuse. Ce constat quelques peu, regrettable, est heureusement moins incontestable sur d’autres titres plus furieusement efficients tels I Am
the End, Why Die for a Lie, Brave Young Breed ou encore Terminal Violence. Ce dégradé subtil entre douceur et force donne tout son intérêt à cet œuvre. Pourtant si ces différents éléments sont aujourd’hui, enfin, mélangé avec talent, ils n’en demeurent pas moins connus et tant et tant usé par un groupe désœuvré. Ainsi bien qu’offrant une musique aux influences et aux aspirations bien plus adroitement unie,
Pretty Maids ne sait faire rien d’autre que du
Pretty Maids. En conséquence si ça démarche artistique est enfin aboutie, n’est-il pas légitiment trop tard ? En effet le paysage musical a été tant et tant bouleversé, et
Pretty Maids s’est tant et tant égaré, qu’il pourrait n’être, aujourd’hui plus rien d’autre qu’un séduisant anachronisme exemplaire. Etre en dehors du temps peut s’avérer captivant, si tant est qu’on soit en avance sur celui-ci et non pas dépassé par lui.
Ceci dit, cet alanguissant équilibrage privilégiant une musicalité accrue, aura tout de même permis d’intégrer plus aisément les diverses ballades qui, bien qu’au nombre important de trois, sont de jolies moments acceptables.
Un album moins virulent dans l’ensemble, plus homogène et nettement plus mélodique, pour un moment, certes, pas totalement convaincant mais appréciable.