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Chroniques :: Chronique de Killing Machine

Chronique de Killing Machine

Judas Priest  - Killing Machine (Album)

Qui peut le plus peut le moins



Avec Stained Class, Judas Priest avait passé la vitesse supérieur. Si la fluidité du son est appréciable, le jeu riche de Les Binks à la batterie apportait également une plus-value intéressante. Si l'on retrouvait toujours des approches psychédéliques, qui étaient réellement représentatives des premières années du groupe, on assistait également à une radicalisation spectaculaire. Exciter avait ouvert une voie royale et il restait à confirmer sur l'album suivant les bonnes dispositions prisent par Tipton et compagnie.

Killing machine voit le jour fin 78 en Angleterre et paraitra en 1979 aux USA sous le nom de Hell Bent For Leather, la maison de disque US n'étant pas en phase avec les implications meurtrières du nom d'origine (souvenez vous l'affaire Black Sabbath avec War Pigs ou Snowblind...). La pochette est assez explicite. Le look des musiciens change également. Rob Halford devient une icône sado maso, tout de cuir vêtu, à l'instar des autres musiciens. Radicalisation de l'image, radicalisation du son ? On aurait envie de dire oui, mais le résultat est mitigé.

Si certaines compositions sont dans la logique imprimée par Stained Class, à savoir un rendu plus heavy, plus agressif, en phase avec son temps (le punk est passé par là et a laissé des séquelles dans le milieu musical), d'autres impriment des mélodies plus abordables, presque gentilles. Killing Machine se veut un album versatile, mais quelque chose ne fonctionne pas sur la durée. Passer d'une offrandes aux dieux guerriers à une composition plus soft n'est pas gênant en soit. Ce qui est pénalisant, c'est l'écart qualitatif perceptible tout du long.

Les bons titres (les classiques même !) sont fièrement mis en avant. Hell Bent For Leather pour commencer, hymne définitif, sauvage et agressif, qui introduira la moto sur scène, Triumph pour la Grande Bretagne, la Harley pour les USA (à l'origine : faut pas vexer le public qui sait faire montre de chauvinisme exacerbé). En moins de trois minutes, la messe est dite et bien dite. On peut également parler de The Green Manalishi (With The Two-Pronged Crown), reprise géniale et intemporelle de la chanson de Fleetwood Mac, écrite à l'origine par un Peter Green qui ne sortait que rarement des états seconds procurés par la drogue. L'interprétation est radicale et si le morceau perd un peu de son âme, son efficacité compense largement ce détail, boosté par un feeling qui caresse l'épiderme. Il y a également, dans une moindre mesure, Delivering The Goods et Running Wild dans le genre heavy et les plus fleurs bleues d'entre vous n'hésiteront pas à inclure la ballade Before The Dawn, même si elle manque de profondeur après un Beyond The Realms Of Death parue sur l'album précédent.

Le reste ? Le disque oscille alors entre le bon et le moins bon, voire le mauvais. Si le morceau titre imprime un caractère désabusé et cynique et se montre réussi, l'effet est vite contrebalancé par des partitions plus faibles, comme Evening Star où Halford est tout simplement agaçant sur le refrain, Take On The World se veut un hymne à reprendre en choeur durant les concerts, mais le rendu est pauvre, ridicule. Quant à Evil Fantasies, il clôt l'album assez pauvrement, loin des perles qui émaillent le disque qualitativement parlant, fade et décevant.

Il apparait clairement que Judas Priest est tenaillé entre le désir de mettre le monde à genou et celui de rendre sa musique plus simple. Certaines compositions impriment clairement cette volonté, avec une batterie plus basique, volonté qui atteindra avec réussite son paroxysme sur le prochain Opus, British Steel. On peut également regretter l'absence de puissance live dont aurait besoin bon nombre de titres (Running Wild par exemple, aurait mérité un traitement plus rapide, plus fluide). Et en définitive, cette hétérogénéité finit par déstabiliser l'album, qui semble décousu...

Dernier album des années 70 pour Judas Priest (à moins que l'on ne considère le live Unleashed In The East comme un studio trafiqué), il marque également la fin d'une époque pour le groupe qui allait passer la vitesse supérieure et s'imposer comme un grand du genre dès l'année suivante, avec un metal simplifié et attractif, propulsé par la NWOBHM qui allait se montrer très bénéfique pour le Priest.

 5 
10

Le Dernier Priest des Seventies



Et aussi le premier avec leur costumes de cuir et de motos qu'ils ne quitteront jamais. Et bien autant dire que l'habit ne fait pas le moine. Ni le prêtre d'ailleurs.

Dernier album studio de Priest donc, qui succède au très bon Stained Class ou le groupe a montré qu'il avait trouvé sa voie, et surtout son style. Style qu'il commence déjà à abandonner (avant d'y revenir, heureusement, avec British Steel ) au profit de morceaux plus radiophoniques et carrément plus pop pour certains.

Si Stained Class souffrait déjà un peu d'hétérogénéité, c'est devenu un massacre sur Killing Machine. Entre les grosses tueries (oui parce qu'il y en a, et sévère même), les morceaux très respectables, les morceaux moyen et très dispensable et les morceaux presque nuls, on atteint vraiment des sommets en matière d'inégalité, sommet que Priest n'atteindra plus qu'avec Angel Of Retribution sorti en 2005.

Dans les tueries, on a Hell Bent For Leather, bien sur, méga tube de l'album (mais tube Metal et efficace, un truc qui choque les oreilles des amateurs de radio de l'époque), The Green Manalishi, un titre Heavy et puissant tel un rouleau compresseur, Killing Machine qui est simplement super efficace et qui déborde de petites touches Halfordienne, et Running Wild qui est vraiment un pur Priest.

Ensuite, pas loin, on compte Delevring The Goods qu'envoie bien et Burnin' Up.

Après, par contre, ça commence à se gâter avec Before The Dawn qui ravira les fans ultimes d'Halford mais qui est plate comme un verre d'eau après une pinte d'hydromel, avec Heroes End qui a un gout de mauvais Ozzy Osbourne période Blizzard Of Ozz, la folie et le génie en moins, et avec Rock Forever qui a un début prometteur mais des touches pop horribles.

Et on touche dramatiquement le fond Evening Star qui contient des touches parfois assez jolies mais qui a un refrain catastrophiquement pop et Take On The World, un hymne monstrueusement mauvais et commercial (pardonnez moi le terme).

Pourtant, au delà des bons morceaux, on a un son qui se durcit pas mal et qui devient plus Heavy et plus agressif que sur Stained Class. La production est vraiment pas mal donc. Mais quand on a autant de morceaux qui sonnent soit pop, soit plat, la production ne peut plus rien.

Killing Machine est donc un album assez décevant, réservé aux fans, qui contient pourtant plusieurs (très) bons morceaux. Mais quand un album a 11 chansons alors qu'il ne devrait en garder que 6, ça passe pas.

Les Plus :

- Un son qui se durcit
- Quelques morceaux sont vraiment bons
- Les bonus de la version remasterisée sont très intéressants.

Les Moins :

- Take On The World pue grave
- Hétérogène
- Des morceaux inutiles
- Des touches très pop sur certains morceaux

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par Int, le 29 avril 2008
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Commentaires


Pas le meilleur des seventies.

En revanche, il est sorti en novembre 1978 en Grande Bretagne, tandis qu'il est sorti en 1979, sous le titre Hell Bent For Leather aux USA.

mer. 11 févr. 09- 01:58  
Lu ta chro. On est d'accord.

Et The Green Manalishi est effectivement terrible, c'est l'un des morceaux les plus Heavy du Priest pré-Painkiller finalement.

ven. 11 sept. 09- 18:31  


Killing Machine - Infos

Voir la discographie de Judas Priest
Infos de Killing Machine
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Sortie : 1979
Genre : Heavy Metal
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Delivering the Goods (4:16)paroles de Delivering the Goods
2. Rock Forever (3:16)paroles de Rock Forever
3. Evening Star (4:06)paroles de Evening Star
4. Hell Bent for Leather (2:41)à écouter en premierparoles de Hell Bent for Leather
5. Take on the World (3:00)paroles de Take on the World
6. Burnin' Up (4:07)paroles de Burnin' Up
7. The Green Manalishi (3:23)à écouter en premierparoles de The Green Manalishi
8. Killing Machine (3:01)paroles de Killing Machine
9. Running Wild (2:58)paroles de Running Wild
10. Before the Dawn (3:23)paroles de Before the Dawn
11. Evil Fantasies (4:15)paroles de Evil Fantasies
écouter : Ecouter l'album



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Judas Priest
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