Retour à l'accueil
Chronique
Chroniques :: Chronique de The Fool

Chronique de The Fool

Lightmare  - The Fool (Album)



Au fond notre situation est des plus enviables. Nous sommes là, curieux d’art, critique amateur, écrivains refoulés, musiciens parfois raté, à nous épancher sur les qualités des albums des uns et des autres dans une sorte de vérités universelle que nous oublions être très personnelle. Continuant à condamner de nos jugements le travail de musiciens souvent passionnées et sincères, nous négligeons quelques peu cette sincérité et cette passion qui les anime. Pourtant chaque œuvre d’un groupe, né d’une volonté harassante, est accouché souvent dans la douleur. Mis bout à bout ces efforts constitue véritablement l’œuvre d’une vie. Si Lightmare fait assurément partis de ces groupes qui avec abnégations, et un acharnement respectable continu à défendre, dans une ombre qu’ils ne quitteront sans doute jamais, leurs idées et leur musique, il a l’avantage de le faire fort de mélodies plutôt bien composés, et plutôt attachantes. Fondé en 1991 et comptant en son sein quelques musiciens renommés et de talents, notamment Andi Gutjahr sévissant au sein de Tankard et autrefois de Seventh Avenue ; le groupe sort avec cet album intitulé The Fool, un premier opus dont le message se base sur la bible.

Bien évidement on ne peut nier les faiblesses liées à une production trop maladroite, mettant, sur ce disque, invariablement, les guitares bien trop en retrait. Difficile aussi de passer sous silence les limites d’un chanteur qui, parfois, offre les aigus fragiles d’une intonation trop haute et mal maitrisés. Ajoutons encore l’impuissance insatisfaisante d’un premier morceau, Rebellion, rapide et indigeste aux influences d’un Power Speed Metal typiquement allemand, raté au possible, où, dans les couplets, la double grosse-caisses martèle sans nuances des doubles-croches à n’en plus finir, où le pauvre Timon Schreiber s’égosille dans des hauteurs qui ne sont décidément pas pour lui, et où seul les refrains parviennent à susciter un quelconque intérêt. Pourtant, alors que le sort de ce disque pourrait être définitivement scellé, passés ces défauts et laissant de côté sa face la plus attaché à ces influences tels Edguy, Helloween, Gamma Ray ; Lightmare nous offre le plaisir de compositions progressive bien construites et enthousiasmantes, et ce dès les premières notes de piano, variation sur le thème du premier mouvement de la sonate au clair de lune de Beethoven, d’un Terrion. La beauté classique est, sur cet opus, alliée à la puissance d’un Heavy composé en différent mouvement et pièces progressives, dont on retrouve la meilleure expression dans le bon My Slowly Dying, qui malgré cette production anémique, arrive à délivrer son émotion, ou encore dans un Wasted Lives plus acoustique, plus doux, mais jamais ennuyeux. De la délicatesse encore avec la jolie ballade Please, Survive transcendé par le talent d’une Marion Maul, dont chaque note de clavier ou de piano souligne intelligemment un saisissant sentiment recherché. Une constance de la part de la musicienne qui donne, sans conteste, une dimension supplémentaire à un disque qui en a grandement besoin. De la finesse certes, mais de la puissance aussi avec d’autre titre où l’élaboration des parties offre des moments plus rugueux et saturés, mais toujours dans des changements de rythmes plutôt bien imprégnés. Citons, entre-autre, un The Fool adroit et sûr, et un The One habile. Si l’on excepte la vitesse stérile et la grandiloquence pompeuse inhérente à ce qu’on a appelle, sans grande inspiration, le Néo Classique, ce disque présente, aussi, quelques aspects similaires à ce style, notamment dans une certaine virtuosité. Sans toutefois être des plus évidentes, ce sentiment est pourtant présent. Il l’est d’autant plus lorsqu’on écoute l’autre morceau malheureux de ce disque Tones, instrumental démonstratif qui s’il ne possède pas tout à fait l’emphase et la rapidité héréditaire de cette mouvance, est, sur cet album, ce qui s’en rapproche le plus.

Au-delà de nombres de ces défauts, The Fool propose pourtant des titres bien conçus et sans prétentions, sans le faste étouffant de certaines autres œuvres, qui mériteraient amplement d’être reconsidérés. Avec autant de titres intelligemment composés, sublimés par des parties claviers habiles et justes, ce disque nous offre la magie suffisante pour nous faire voyager aux royaumes des plaisirs agréables. Avec The Fool pas de révolution en soit, mais, presque, que du bonheur.

(0) Modifier l'article
par dark_omens, le 11 novembre 2009
Voir toutes les chroniques de dark_omens


Chroniquer cet album

Avis des chroniqueurs :  
dark_omens  



Chronique précédente

Tout

Chronique suivante


Commentaires




The Fool - Infos

Voir la discographie de Lightmare
Infos de The Fool
acheter sur Amazon
Sortie : 1997
Genre : Power Metal Progressif
Playlist :
1. Theme of rebellion
2. Rebellion
3. Terrion
4. Wasted lives
5. Tones
6. The fool
7. Call from solitude
8. The one
9. Take a stand
10. My slowly dying
11. Dungeons of society
12. Please, survive!
écouter : Ecouter l'album



Lightmare

Albums chroniqués :
Chronique de The Fool
The Fool
1997

Lightmare
Lightmare
Voir la page du groupe
Création : 1991
Genre : Power Metal
Origine : Allemagne




Groupes en rapport


Albums chroniqués :
Chronique de Vol(l)ume 14
Vol(l)ume 14
2010

Tankard
Tankard
Voir la page du groupe
Création : 1982
Genre : Thrash Metal
Origine : Allemagne

Concerts:
Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Terium
Terium
2008

Chronique de Southgate
Southgate
1998

Chronique de Tale of Tales
Tale of Tales
1996

Seventh Avenue
Seventh Avenue
Voir la page du groupe
Création : 1989
Genre : Power Metal
Origine : Allemagne


Albums chroniqués :
Chronique de Age of the Joker
Age of the Joker
2011

Chronique de Tinnitus Sanctus
Tinnitus Sanctus
2008

Chronique de Rocket Ride
Rocket Ride
2006

Chronique de Rocket Ride
Rocket Ride
2006

Edguy
Edguy
Voir la page du groupe
Création : 1992
Genre : Heavy Metal
Origine : Allemagne

Concerts:
Rapports de concerts:

Helloween
Helloween
Voir la page du groupe
Création : 1978
Genre : Heavy Metal
Origine : Allemagne

Rapports de concerts:

Gamma Ray
Gamma Ray
Voir la page du groupe
Création : 1989
Genre : Heavy Metal
Origine : Allemagne

Concerts:
Rapports de concerts: