3701, un nom bien énigmatique pour une formation venant de Paris et qui évolue dans des sphères electro lourdement chargées de guitares acerbes. Et quand je dis "lourdement", n'y voyez rien de péjoratif :
3701 est ce que l'on peut appeler une très bonne surprise même si le discours du duo ne sera pas apprécié par tous.
Nicolas Zappa et
Marc Bonnet se connaissent depuis un certain temps, ils avaient déjà travaillé ensemble à l'époque de
Deitylike. Et si par la suite chacun s'est lancé dans des aventures différentes, ils se sont retrouvés et
3701 est le fruit de leurs expériences, le rejeton d'une union de moins en moins improbable : quand le rock se marie aux sons froids de l'electro, quand les guitares s'insèrent à l'ensemble avec de sérieuses connotations metal, on obtient une espèce d'enfant hybride, mais vif et intuitif. Et dans ce secteur précis qui tend de plus en plus à se développer,
3701 fait office d'outsider sérieux.
Les morceaux sont bâtis sur des programmations electro sur lesquelles la batterie essaye de s'inscrire le plus naturellement possible. Ce n'est pas martial, au contraire, on tend vers quelque chose de plus éthéré, pas forcément plus serein. Difficile quand on est un profane à ce genre d'expérimentation de faire des comparatifs simples, évidents. On peut se contenter de dire que
3701 n'est pas un énième
Pain ou un ersatz de
Oomph! de plus. La musique n'est pas tubesque, le chant n'est pas mis en avant, il reste bas, confiné à sa plus simple expression, comme des murmures psychotiques qui surgissent des ténèbres, ajoutant une dimension claustrophobique à l'ensemble. La guitare n'est pas l'argument principal de ces compositions donc. Au contraire, ici, elle tient le rôle de l'adjuvant, l'ajout bénéfique qui vient donner un peu de couleur.
Mais attention, on reste dans des teintes froides. Bleu acier, bleu polaire. L'ensemble reste terriblement introspectif.
Undesired et ses relents proches de
Marilyn Manson définit un univers glauque,
Cleanliness, bien plus lent, est également terriblement lancinant (sa version remixée est d'ailleurs très appréciable), avec un piano qui s'invite, dépouillé, quelques notes qui surgissent et qui impriment une mélancolie dégénérescente. On est facilement pris à la gorge par cette musique sombre et étrangement sensuelle. Et étrangement, le titre le plus "dansant" est celui où les guitares sont les plus présentes,
Control, où elles arrivent en vagues lumineuses qui se déchirent sur les récifs des programmations aux définitions synthétiques. Autant dire que tout le monde n'adhèrera pas aux propos des musiciens.
3701 n'est pas un projet inaccessible. Même si la forte orientation electro peut rapidement devenir un obstacle pour certains, les plus ouverts d'entre vous - à une époque où le metal vit des métissages de plus en plus originaux - y trouveront largement leur compte.
3701 suit une logique où les frontières n'ont plus lieu d'être, une abolition des codes, d'un côté comme de l'autre et le résultat aura de quoi satisfaire un grand nombre de personnes et pas que sur la scène metal. Il reste juste à savoir si, sur la durée d'un album, le duo parviendrait à maintenir l'intérêt de tous éveillé. Une inconnue que l'on espère voir révélée un jour proche. En attendant, cet Ep.1 représente un futur viable pour le genre.