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Chroniques :: Chronique de Stained Class

Chronique de Stained Class

Judas Priest  - Stained Class (Album)

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10

Vol en première classe



En 1978, Judas Priest pourrait presque faire office de dinosaure du genre, surtout après la déferlante punk qui a sacrément miné le genre avant de sombrer à son tour dans des miasmes anthropophagiques. Le phénomène aura duré principalement deux ans avant que seuls les plus forts et les plus authentiques ne survivent (jusqu’à l’overdose de leurs membres clés…) et aura donné une seconde vie au heavy metal qui dans l’ombre affûtait ses armes. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que le salut provienne également de la scène UK, qui depuis quelques décennies était un vivier impressionnant, que ce soit au niveau du « blues blanc » ou du rock, puis du hard rock (et quand on voit qu’aujourd’hui elle met fièrement en avant sa britpop, on se dit avec une certaine justesse que la perfide Albion a perdu de son pouvoir, de sa force créatrice). Le NWOBHM pointait lentement le bout de son nez, Def Leppard, Iron Maiden, Saxon ou encore Tygers Of Pan Tang fourbissaient leurs riffs, attendant leur heure. Et en attendant, c’est Judas Priest qui allait prendre un avantage certain sur les jeunes loups.

En effet, après trois albums, le bilan reste relativement mitigé : Judas Priest est un groupe qui a des idées mais qui peine à les retranscrire pleinement sur vinyle. Soit trop disparate, soit trop pataud dans l’interprétation, soit pas forcément assez inspiré, le groupe ne jouit pas encore d’une popularité extravagante. Les deux premiers opus sont passés inaperçus, Sin After Sin a su faire parler de lui grâce à une fluidité qui jusque-là lui faisait défaut. Mais avec Stained Class, nous arrivons à un moment charnière de la carrière du Priest. Ne serait-ce déjà que sur l’apparence. Le look se fait plus sauvage, plus blouson noir revisité sauce SM que hippie baba cool et la pochette, bien que laide, est très représentative, avec sa tête en metal comme fondue, qui n’est pas sans évoquer le fameux T1000 de Terminator 2. Et surtout, il y a ce nouveau logo, résolument moderne, allant du haut vers le bas, plus agressif qu’une écriture gothique et parachevé par un trait torturé qui souligne le tranchant des riffs de guitare, la puissance de la Fée Electricité.

Et dans ce cas, il est inconcevable que le groupe continue dans le style qui fut sien jusque là. Ce ne serait pas en adéquation avec la jaquette, aussi moche soit-elle. Déjà, la formation recrute un nouveau batteur en la personne de Les Binks, qui avait déjà assuré la tournée de Sin After Sin après s’être fait remarquer sur le Butterfly’s Ball de Roger Glover. Ce dernier a une frappe précise et puissante et dispose d’une technique qui permet au groupe de tricoter des toiles riches et variées autour de ses parties. Et l’entame de ce Stained Class fait mal. Une introduction qui marquera des générations et qui en inspirera plus d’un : une double grosse caisse vient ricocher tandis que la guitare enchaîne sur un riff musclé et rapide sur lequel Rob Halford vient poser sa voix, aiguë, mais ici parfaitement maîtrisée (mais ne lui demandez pas aujourd’hui de renouveler cet exploit !). Exciter est un gros classique pour le Priest et est devenu par extension un énorme classique du metal car il s’agit d’un titre absolument fédérateur, avec ses breaks et ses soli monstrueux. L’ancêtre de ce que l’on appelle le speed mélodique en somme.

Rien que là, Judas Priest marque les esprits. Ce qui apparaît comme un mid tempo gentillet aujourd’hui était une tuerie speed pour l’époque. Et le groupe ne s’arrête pas là. Pour la première fois, il va tenir une certaine cadence tout au long d’un album, avec beaucoup de réussite. White Heat, Red Hot, Savage, Saints In Hell et ses phrases baragouinés en mauvais français sont de bons brûlots qui évitent de créer des creux stylistiques dans ce déluge de feu et d’acier. Certains morceaux sortent aussi indéniablement du lot, comme Better By You, Better Than Me, reprise des Spooky Tooth, par qui le scandale arrivera quelques années plus tard (un adolescent américain se suicidera après avoir écouté ce titre, guidé dans son geste par un message subliminal… Le procès qui s’ensuivra sera long et ridicule, on repense tous à Rob Halford chantant ce titre a capella en plein tribunal…). On peut aussi mentionner le morceau éponyme qui rappelle les origines plus psychédéliques de Judas Priest malgré un riff mammouth de chez mammouth.

Et il est impossible de passer à côté de Beyond The Realms Of Death. Ce serait comme parler de The Number Of The Beast sans évoquer Hallowed Be Thy Name. Ce n’est pas possible. Judas Priest, par l’intermédiaire de son nouveau batteur, rentre dans l’émotion à l’état pur. Le compositeur sera discret par la suite, mais il éclabousse ce Stained Class par son talent d’écriture en proposant un titre délicat, aux montées en puissance sournoises, sur lesquelles Halford se montre tout simplement impérial. Le deuxième classique imparable de cet album qui s’achève sur un cri final déchirant et qui aurait été la conclusion parfaite du disque.

Malheureusement, le groupe a jugé bon de terminer par un morceau heavy sans grande envergure, Heroes End malgré un dialogue chant/guitare plutôt sympathique. Avec Invader, le morceau le plus faible d’une galette qui aurait gagné à en être épargnée car ils font tomber la pression à deux moments clés.

Mais Stained Class est certainement le meilleur album du Priest des années 70, pas forcément le plus varié, mais celui qui se dirige le plus vers un heavy metal classieux et homogène, celui qui propulsera le groupe au rang de valeur sûre, des années après leur premier effort studio qui n’aura pas laissé de souvenirs impérissables. Presque un classique du genre, entaché par deux compositions plus faibles. C’est parfois con la vie…

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10

Stained Class, l'album qui tue



Mauvais titre, puisqu'en effet, Stained Class a été accusé de contenir des paroles subliminales (sur la chanson Better By You, Better Than Me) qui aurait fait se suicider deux adolescents. Rob Halford a dû chanter une partie de la chanson au tribunal et Judas Priest remporta sans peine ce ridicule procès...

Toujours est il que, mauvais titre ou pas mauvais titre, Stained Class tue. British Steel est souvent cité comme étant la première pierre Heavy Metal que Priest a apporté, mais, si le son du groupe en 1978 n'avait pas été si Hard Rock, on aurait largement pu remonter jusqu'à Stained Class. C'est bien simple : entre les relents Speed Metal de Exciter, le morceau éponyme qui a du inspirer une dizaine de riff chez Maiden et Beyond The Realms Of Death qui est l'une des plus belle Power-ballade du Metal, on tient ici un album novateur, digne grand père du Heavy Metal et de perles comme Kill'Em All.

Comme je l'ai dis plus haut, le son est très Hard Rock. Il n'atteint pas encore la précision tranchante de British Steel et se situe plutôt entre Sin After Sin et Killing Machine. On est très loin de la production puissante de British Steel, incisive de Painkiller ou épaisse de Angel Of Retribution. Bon, y'a presque trente ans entre S.Class et AOR mais il n'empêche que le son de l'époque reste vraiment ancré... ben, dans l'époque ! Et sans dire qu'il a vraiment mal vieilli, ça commence un peu à sentir le renfermé.

Sin A. Sin avait une sorte d'aura qui annonçait un grand potentiel pour le groupe, il était prometteur. Avec S. Class, Priest commence déjà à tenir ses promesses, le groupe montre ce qu'il sait faire et a trouvé un style qu'il ne lâchera plus, ou très peu. Certains ne voient en Stained Class qu'un album de transition bateau et moyen dans la trilogie Sin A. Sin/S. Class/K. Machine, mais il est bien plus abouti et inspiré que SAS et il est bien plus "pur" que K.Machine et ses morceaux commercialo-people.

S. Class contient des riff vraiment bons et très novateur. J'ai franchement envie de parler de pur riff Heavy Metal, et même si l'album est sous estimé par pas mal de gens, on ne peut pas nier l'inspiration indéniable qu'il a apporté sur les grands noms de la scène Metal des années -80. La batterie est assurée par Les Binks et fait de bien meilleures choses que ce que fera Dave Holland (le métronome...). Et Halford, comme on s'y attendait, déchire. Il suffit d'écouter Better By You ou Beyond The Realms pour s'en rendre compte : ce gars a vraiment un timbre unique et une maitrise impressionnante. Que ce soit dans son chant assez grave très classe et Metal ou dans ses délires aigues puissants et qui filent le frisson, Halford assure.

L'album n'est pourtant pas dénué de défaut. Son principal défaut, comme souvent chez Priest honnêtement (excepté dans Defenders et Painkiller, j'ai pu constater ce défaut partout), c'est son hétérogénéité. Il y' a des bombes, comme sur tout grands albums, mais Invader, Heroes End, et Saints In Hell, sont en dessous du lot. Ils restent bons, mais entre le coté Speed d'Exciter, l'agressivité de White Heat Red Hot, la rythmique de Better By You Better Than Me, la maitrise de Stained Class, les petites touches de génie de Savage et la beauté fatale de Beyonds, les trois morceaux peinent à se hisser à la hauteur. Mais peu importe, car même si ils n'ont pas des attraits qui forment leur propre caractère comme les autres morceaux, ils restent bons, vraiment bons, et restent dans l'esprit Son Hard/Riff Heavy de l'album.

Très bon.

Les Plus :

- Un précurseur du genre à beaucoup de niveaux
- C'est du pur Judas Priest à l'ancienne
- Les Binks explose Dave Holland (pas très dur en même temps)
- Beyond The Realms Of Death, impressionnante.
- Rob Halford

Les Moins :

- Le Son un peu vielliot
- Quelques morceaux ont moins d'identités que les autres

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par Int, le 28 avril 2008
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Sortie : 1978
Genre : Heavy Metal
Playlist :
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1. Exciter (5:34)à écouter en premierparoles de Exciter
2. White Heat, Red Hot (4:20)à écouter en premierparoles de White Heat, Red Hot
3. Better By You, Better Than Me (3:24)paroles de Better By You, Better Than Me
4. Stained Class (5:19)paroles de Stained Class
5. Invader (4:12)paroles de Invader
6. Saints in Hell (5:30)paroles de Saints in Hell
7. Savage (3:27)paroles de Savage
8. Beyond the Realms of Death (6:53)culte !culte !paroles de Beyond the Realms of Death
9. Heroes End (5:01)paroles de Heroes End
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Judas Priest

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