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Chroniques :: Chronique de Sin After Sin

Chronique de Sin After Sin

Judas Priest  - Sin After Sin (Album)

 7 
10

Se complaire dans le vice



Malgré ses nombreux défauts, Sad Wings Of Destiny montrait un groupe qui cherchait à trouver sa voie, profitant pleinement de l'apport à la composition de Glenn Tipton qui venait apporter des idées plus heavy, à défaut d'amener la fluidité dont Judas Priest manquait alors cruellement. Et le groupe fait également un grand pas en avant en signant un deal avec la maison de disque Columbia, ce qui allait permettre une distribution plus conséquente. A condition de proposer un disque potable.

Et la chance aidant, c'est Roger Glover, l'ancien Deep Purple et le futur Rainbow qui prend les manettes pour l'enregistrement de cet album. Quand on sait que le bassiste a toujours été meilleur pour produire les albums sur lesquels il ne joue pas, c'est bon signe. Et effectivement, son apport se fait immédiatement ressentir. Le son prend tout à coup une nouvelle dimension. Finis les riffs patauds superposés les uns sur les autres pour créer une impression de lourdeur. Glover a compris qu'en allégeant en grande partie le metal de Judas Priest, la voix de Rob Halford, qui est un atout considérable quand elle est maîtrisée, prendrait toute son ampleur et son travail, de ce point de vue, est très bon.

Et enfin, nous commençons à trouver une fluidité dans les notes déversées par le Priest. Bien sûr, cela reste saccadé par moment, mais la musique est bien plus lisse et passe bien mieux. Rien que Sinner tranche totalement par rapport au précédent album, encore maladroit. Tipton insère beaucoup de guitare lead, venant trancher avec le plomb des parties rythmiques. La chanson se fait ainsi plus fuselée et sans pour autant gagner en vitesse, elle respire mieux, ne sombre jamais dans un lourdingue pathétique. Il convient aussi de saluer le travail à la batterie du jeune Simon Phillips (alors 19 ans) qui impose des rythmiques puissantes et efficaces, comme sur Let Us Pray/Call For The Priest où le matraquage des fûts est brutal et contribue largement à la déculottée infligée par le groupe.

Mais le psychédélisme habite toujours le groupe. Mais les musiciens le transforment, l'adaptent à leur style plus heavy et en extraient une substance étrange et polymorphe. Ainsi, on découvre un Diamond & Rust de Joan Baez sublimé par l'électricité, qui éclabousse l'album de sa classe, tandis que l'hypnotique Here Come The Tears se teinte d'allures gothiques étranges, presque dérangeante, une vision pessimiste d'un romantisme à l'anglaise qui fait mouche.

Cependant, Judas Priest tâtonne encore et malgré des surprises tout en agressivité (pour l'époque s'entend, comme ce Dissident Agressor qui achève l'album), certains titres sont largement en-deçà et plombent gentiment l'ambiance, comme ce Last Rose Of Summer un peu longuet et qui n'arrive pas à se trouver une classe qu'auront naturellement Beyond The Realms Of Death et Before The Dawn quelques années plus tard. Certaines parties instrumentales s'étirent un peu en longueur aussi. Quand on s'attarde sur le Priest des années 80, plus direct et concis, ces escapades stylistiques peuvent un peu gonfler, surtout quand elles n'apportent pas grand chose aux chansons. Années 70 obligent, diront certains.

Sin After Sin est un très bon disque, loin d'être parfait. il manque encore quelques compositions pour tirer le tout vers le haut, style des classiques. Parce que ce disque, s'il s'en sort avec les honneurs, manque encore de classiques instantanés pour réellement imposer Judas Priest comme l'un des grands du heavy metal britannique. Mais ce n'est plus qu'une question de temps. Tipton a su trouver un son, le reste du groupe trouvera le moyen de l'exploiter et de le peaufiner, jusqu'à devenir une machine à riffs. Et Sin After Sin est le réel déclencheur de tout cela, une version revue et bien corrigée de Sad Wings Of Destiny.

Premier Succès d'un groupe Mythique



Sin After Sin est le premier succès de Judas Priest et ce n'est pas pour rien ! A part peut être The Last Rose Of the Summer un peu moins essentielle quiferait sans doute moins tâche dans un album de U2 que dans un album de Judas Priest, il n'y a quasiment que des bons morceaux qui redéfinissent le Heavy Metal de l'époque.

C'est avec ce genre d'album que Priest pourrait légitimement s'autoproclamer pionnier du Heavy Metal avec Black Sabbath. Sinner est l'un des meilleurs morceaux du Priest des -70, Diamonds And Rust est encore jouée trente ans plus tard car elle est devenue un classique, Starbreaker annonce définitivement la domination de Judas Priest dans le genre avec son gros riff, et Let Us Prey/Call For The Priest très inventive. L'album possède des influences assez progressives et influencera certainement son petit lot d'artistes.

Pour la deuxième partie de l'album : Raw Deal est l'un des morceaux les plus intéressants de Sin After Sin car il est très structuré (on commence avec un riff dévastateur et après le break et le solo on entre dans le limite dramatique, somptueux ! ) Here Come The Tears est sans aucun doute la ballade la plus étrange, la plus surprenante et pourtant très puissante de Priest et Dissident Agressor est elle aussi assez spéciale, mais assez efficace (reprise par Slayer dans South Of Heaven pour la petite histoire).

Pour finir, on a deux excellents bonus dans la version remasterisée : Race With The Devil, et un Jawbreaker (de Defenders Of The Faith) en live très réussi (rythmique beaucoup plus vivante, comme toujours chez Priest en live !).

L'album de Priest -70 à avoir après Stained Class. Pas un hit, mais un recueil de perles au milieu de quelques morceaux bouches trous...

Les Plus :

- Rob Halford
- Priest commence vraiment à participer à la construction du Heavy Metal
- Priest a un de ses sommets coté expérimentation (Here Come The Tears en tête)
- Sinner

Les Moins :

- Un peu trop hétérogène
- Sinner prends toute son ampleur en live
- The Last Rose en dessous du lot

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par Int, le 25 avril 2008
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Sin After Sin - Infos

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Infos de Sin After Sin
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Sortie : 23 avril 1977
Genre : Heavy Metal
Label : Columbia
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Sinner (6:45)à écouter en premierparoles de Sinner
2. Diamonds & Rust (3:28)à écouter en premierlistenparoles de Diamonds & Rust
3. Starbreaker (4:53)à écouter en premierparoles de Starbreaker
4. Last Rose of Summer (5:40)paroles de Last Rose of Summer
5. Let us Prey/Call for the Priest (6:13)à écouter en premierparoles de Let us Prey/Call for the Priest
6. Raw Deal (6:00)paroles de Raw Deal
7. Here Come the Tears (4:36)à écouter en premierparoles de Here Come the Tears
8. Dissident Aggressor (3:07)paroles de Dissident Aggressor
écouter : Ecouter l'album



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