L’éclectisme latent est l’un des parfums délicieusement succincts qui semblait transparaitre d’un très bon Colour Temple, premier album de
Vanden Plas. Néanmoins s’il s’y manifestait alors, simplement, comme un souffle discret, chacune de ces émanations contenues possédaient, à mon sens, une force inspiratrice incontestable.
Ce sentiment vague, aux allures de constat, pouvant apparaitre comme affabulations subjectives, prend ici, avec cet EP, Accult, tout son sens. Loin de constituer une influence symbolique, cette volonté de puiser aux sources de résurgences diverses et variées, est donc une réalité.
Et effectivement, dans l’expression subtilement accompli en des versions acoustiques délicates, où les mélodies de pianos de Günter s’unissent dans une simplicité émouvante aux voix d’Andy et aux guitares, essentiellement, sèches de Stephan, le groupe nous offre une vision légèrement différente de celle qu’il nous offrit deux ans auparavant.
Tout d’abord, le groupe réinvente ses propres titres. Les dépouillant de leurs éléments les plus « électriques », pour en proposer une version, principalement, acoustique et ce afin de privilégier la pureté d’une émotion immédiate. Ces morceaux s’alourdissent alors, indéniablement, d’un effet poignant délicieux. Ainsi « My Crying », « Father » et « How Many Tears » acquiert une incontestable profondeur saisissante. De plus, sans en trahir l’essence première, Andy Kuntz et les siens, loin de se contenter d’en reproduire le plus fidèlement possible chaque notes, dans une version simplement épurée de tout allusion électrique, nous en proposent une évolution, certes, parfois infimes, mais toujours intéressante. Le résultat possède ce charme intimiste bouleversant presque indescriptible.
Outre ces excellentes variations sur son propre thème,
Vanden Plas tente de bercer nos esprits dans les volutes suaves de certaines reprises diverses. Pour ce faire il nous transporte dans le swing ensorcelant, par exemple, d’un « Georgia On My Mind », du grand Ray Charles, dans lequel se marient un piano charmeur à une voix séductrices, et où seules les ardeurs de ces guitares, certes, lointaines apparaissent incongrues. Véritables expiration inspirée, l’œuvre continue de se perdre dans les dédales d’une promenade délassante. On y trouve ainsi les plaisirs d’une ballade pop « Des Hauts, Des Bas », repris de l’œuvre de Stefan Eicher, dans une douce interprétation d’une rare beauté. Si le chant d’Andy, entièrement en français, pourra apparaitre, dans son interprétation, comme frêle, le trouble superbe qui nait de cette confrontation entre ce timbre fragile et ce piano, est d’une délicatesse exemplaire.
De toutes ces velléités les plus diverses, celle de rendre hommage à Marillion, illustres groupe prog, s’il en est, en reprenant « Kaleigh », s’inscrit indéniablement, aujourd’hui, comme révélateur des desseins que poursuivra, par la suite,
Vanden Plas. Le titre, sans éveiller la même intensité émotionnel que d’autres déjà évoqué ici, demeure attachant.
En réalité seul « Days Of Thunder », se terminant sur un « Rainning In Blood », premier single gravé sur vinyle par le groupe, caché, semble quelque peu décalé. Incontestablement, aux sons de guitares électriques pour un titre Heavy, pour sa première partie ; et aux sons de claviers désuets, teintés années 80, omniprésent ; pour sa seconde ; il peine à nous convaincre, tant son énergie est déconcertante au cœur de tant de délicatesse.
Loin d’être parfait, cet Accult crée pourtant de nombreux émois remarquables. De moments, souvent, touchants, en instants, parfois, seulement attirants ; il nous propose un voyage marquant dont la course est, malheureusement, trop courte.