Considéré comme un des groupes artistiquement majeurs dans son genre,
Vanden Plas est aujourd’hui enfermé dans les méandres abscons d’une musique progressive, aux constructions recherchées et parfois complexe, qui requièrent assurément un apprentissage, fort de nombreuses écoutes, et de temps, afin de pouvoir pleinement s’immerger dans ce propos. Incontestablement ces allemands s’emploient à défendre une destiné ambitieuse où chaque œuvre s’inscrit dans une démarche subtil et raffinées, mais pas nécessairement simple. Il fut pourtant une époque, bénie selon moi, ou le groupe sut mettre en exergue, de ce Prog Metal, sa face la plus simplement Metal, laissant son visage le plus progressif n’être rien d’autre qu’une cicatrice, certes, forte, mais uniquement inspiratrice.
En ces heures immémoriales, où naquit, aussi, d’autres espoirs préservés par les talents prometteurs de groupe aussi adroit qu’
Angra ou
Eldritch, il fut communément acquis de regrouper ces diverses formations sous l’estampille maladroite de « Prog Metal ». Pourtant si les influences apparaissent comme indéniables, avec notamment ces aspirations aux métissages ou cette présence prépondérante des claviers ou aussi la technicité impressionnante de musiciens habiles, l’appartenance, au sens le plus strict, de ces groupes à cette scène, demeure, selon moi, discutable. En effet sans la complexité de composition de morceaux abstrus, complexité inhérente au genre, dans la déclamation de titre long et dédaléen, cette conception progressive peut-être une notion importante mais pas nécessairement structurellement symptomatique. Néanmoins le souffle prog qui balayent admirablement le travail d’
Angra ou de
Vanden Plas est, à mon sens, d’une importance capitale mais ne suffit pas à définir ces groupes comme appartenant à la plus pure tradition progressive.
Quoiqu’il en soit démarrant plaisamment dans la volupté d’un arrangement de musique classique nous évoquant, dans une certaine mesure, le Sacre du Printemps d’ Igor Stravinski, l’excellent premier titre, Father, entreprends de nous offrir cette confrontation savoureuse né de ce premier riff de guitare venant, après ce préambule délicieux, superbement se fracasser contre cette douceur infinie. Dans un esprit Heavy très prononcé les allemands s’ingénient à construire une œuvre accessible, où l’aisance immédiate de titres évident est incontestablement réussie. Indéniablement Heavy, indéniablement communicatif, l’ensemble de ces morceaux savent aussi se faire plus subtile. Ainsi en dehors, par exemple, d’un Father, du féroce Judas ou d’un Push admirablement énergique, l’atmosphère plus délicate de certaines introductions, ou de certains breaks, tels que sur le superbe When the Wind Blows ou sur le magnifique Soul Survives définisse admirablement le discernement avec lequel
Vanden Plas est capable de composer des nuances séduisantes.
Au chapitre des ballades Anytime apparait comme quasiment dispensable, et ce d’autant plus que l’exceptionnel How Many Tears, autre romance plus remuante, vient nous subjuguer, laissant nos esprits submergés par une multitude d’émotions colorés poignantes, et notamment dans son introduction.
Ce premier pas est donc une œuvre atypique dans la carrière de
Vanden Plas. Elle propose les plaisirs d’une musique simple et direct, agrémentés d’influences diverses et variées, dans laquelle pourtant on sent un dessein, subtile, d’éclectisme latent. Nul doute que bientôt ces allemands iront explorer d’autres contrées bien plus obscures que celle de ce Heavy aux légers parfums progressif. En attendant ce
Colour Temple demeure captivant. Injustement méconnu, mais captivant.