La fin des années 1990 et le début des années 2000 voit déferler sur nos contrées musicales, des hordes de guerriers plus vaillants les uns que les autres, plus caricaturaux les autres que les uns. De nombreux groupes se parent alors de leurs armures, enfourchent leurs plus fiers destriers afin de bouter le mécréant et accessoirement le dragon hors de nos villages. D'autres partent à dos de chevaux, à la recherche d'hypothétiques Saint-Graal en des terres hostiles et arides, peuplés de créatures viles et démoniaques. Mais tous lorsqu'après des combats acharnés, épiques, dantesques; s'en reviennent enfin, tout couvert de gloire et d'honneur de ces victoires remportés; ils ne dédaignent pas narrer leurs aventures aux foules béates à coups de Power Speed Hollywood Epique (et que sais-je encore???) Metal. Les plus grandes légende de ces temps anciens nous sont venus de par-delà les montagnes transalpines.
Lorsque débarque
Labyrinth avec ce deuxième album au milieu de l'intérêt démesuré que suscite le moindre groupe ayant de prêt ou de loin un rapport avec Rhapsody, ou avec l'Italie, ou avec les deux d'ailleurs; les esprits mal-intentionnés se souviennent que Fabio Lionne à officié dans ces rangs et que la patrie d'origine de ce groupe est aussi l'Italie. De plus Olaf Thörsen et Frank Andiver (venu donné un coup de pouce derrière les fûts.) ne sont rien moins que les musiciens talentueux de
Shadows Of Steel, un autre groupe de Power Metal Italien, et sans doute pas le pire, qui voudrait bien prendre la couronne à la bande à Turilli. Fort de ces constatations l'esprit mal-intentionné se dit alors qu'il tient là une excellente copie conforme du grand frère chasseur de dragon. Oui mais voilà, ceux qui ont écouté "No Limits" premier vrai disque de
Labyrinth savent bien que le groupe évolue dans un Heavy Speed Progressif bien plus dépouillé, bien moins complexe et avec bien moins de fioriture. En un mot comme en cent,
Labyrinth n'est pas Rhapsody. Pire par certains aspects, il tente de s'en éloigner le plus possible. Ce n'est sans doute pas par hasard que Metal Frontiers à tenté de donner à cet opus un son qui se démarque de cette monotone ressemblance qui lie un certain nombres des productions Italiennes. Ce n'est sans doute pas par hasard que Rob Tyrant chante sans jamais plagier cette manière si typiquement transalpine d'appréhender les aigus; manière qui peut avoir le don d'être, parfois, exaspérante.
D'emblée ce disque a donc beaucoup de qualité. Mais autant de qualités ne font pas d'un album ordinaire un bon album, et d'un bon album un album incontournable. Ce qui fait la différence c'est la qualité des morceaux qui compose un disque; et
Labyrinth, touché par une grâce soudaine, va faire preuve ici d'un talent monstrueux. "Moonlight", "New Horizons", "Lady Lost In Time", "Thunder", "Time After Time", "Die For Freedom" sont des morceaux alliant un côté indéniablement Heavy Speed et une recherche créative mélodique évidente. Une alliance réussis à un tel niveau qu'il est difficile d'imaginer qu'autant de gens soient passer à côté de ce "Return to Heaven Denied". Cet œuvre, avec ces mélodies et ces refrains incroyables aurait amplement mérité de propulser
Labyrinth vers les sommets. Le reste de ce CD tout en étant moins Speed, n'en reste pas moins intéressant. Seul "Feel", remix au parfum techno, et "Falling Rain" balade pas vraiment indispensable, pourront paraître quelque peu incohérente au milieu de cette excellence.
"Return to Heaven Denied" est, au final, un album de toute beauté, victime du torrent démentiel de disque bien trop linéaire sous lequel nous fûmes noyés à ce moment là. Peu sont arrivés à extraire cet album de la fange ennuyeuse des sorties au milieu de laquelle il s'était embourbé. Et c'est bien dommage.