Neun Welten, groupe pas vraiment inconnu de la part de tout néo-folkeux ou autre amateurs de musique ambiante et reposante, nous livre-là son tout nouvel album, Destrunken, dans lequel se mêlent à merveille quiétude et univers plus sombres.
Mais venons-en aux faits.
Destrunken est un véritable voyage.
C’est bercés au son des guitares sèches, ou encore de ces flûtes enchanteresses et de tous ces autres instruments folkloriques que le périple vous transportera sur des terres inexplorées.
Ce disque est un voyage autour du monde, un voyage à l’intérieur de nous-mêmes, un voyage spirituel, un voyage que l’on ne voudrait pas voir se terminer tant il fait bon se laisser aller. Tantôt sur des terrains celtiques, tantôt encore plus au Nord, tantôt au fond de nos tripes, au fond de notre âme, le chemin se poursuit inexorablement.
Des émotions fortes telles la tristesse, la quiétude et la sérénité rythment avec nostalgie cette odyssée aux milles saveurs. Et pourtant, certains passages pourront se révéler un peu plus angoissants dans une perspective toutefois très calme et reposante.
La diversité et la richesse des instruments utilisés vont nous permettre d’être enivré par ce havre de paix qui ressort fortement de cet album somptueux et mélancolique. C’est avec une certaine discrétion que de rares intrusions vocales feront leurs apparitions. Mais celles-ci sont de toute beauté, entre le chant féminin incantatoire et ce chant masculin en transe, c’est toute une extase de contemplation de notre Mère le Terre qui se fera ressentir.
Et pourtant, quelques éléments plus Metal feront aussi de discrètes interventions, en particulier sur Dämmerung sur lequel on pourra entendre des sons de guitares un peu plus saturées pour accompagner ce pèlerinage vers la connaissance de soi. Ces guitares apporteront aussi beaucoup de puissance et au final elles se confondront très bien avec l’ensemble bien plus calme, avec un contraste en parfaite alchimie avec les instruments plus naturels. Une basse parfois bien mise en avant vient elle aussi contribuer à ajouter un peu de puissance comme sur Schein par exemple où son apparition reste discrète mais ô combien efficace !
Alors en écoutant ce disque, on ne peut s’empêcher de penser à Halgadom,
Dornenreich ou encore
Drudkh ou
Empyrium sur certains passages, mais
Neun Welten se forge tout de même sa propre identité, une identité forte et aisément identifiable. Une identité forgée par le savoir-faire et la maturité qui transpire dans ce Destrunken
Si ce disque semble la parfaite bande-son d’une évasion spirituelle, il n’est pas non plus sans défauts puisque la linéarité du disque pourra être assez ennuyante par moments. Mais si l’on se prend vraiment au jeu, le voyage sera d’autant plus émotif et serein.
Un disque qui ne plaira qu’à un public restreint, c’est évident, mais un disque qui permet de s’é
vader un instant d’une scène trop violente, à des kilomètres d’un Brutal Death à la
Aborted.
Destrunken est un album où il fait bon s'é
vader pour s'y ressourcer.