C'est avec ce Sounds Of Decay que
Katatonia accoucha de son dernier album doom-death. Car avec le suivant, Discouraged Ones, ils ont délaissé le style pour s'orienter vers des sonorités moins extrêmes, plus aériennes.
Quoiqu'il en soit, Sounds of Decay suit l'excellent Brave Murder Day, tant dans le concept que dans la musique en elle-même. Et c'est ainsi que Mikael Akerfeldt d'
Opeth vient une nouvelle fois pousser la chansonnette avec
Katatonia...
Trois morceaux pour environ vingt minutes de musique, il s'agit bien ici d'un EP. Mais qu'est-ce qu'il a dans le ventre? Disons pour faire bref qu'il est dans la lignée de Brave Murder Day. Car comme ce dernier, les sonorités lourdes, lancinantes, les riffs simplistes (mais bien trouvés) répétitifs et les vocaux déchirés d'Akerfeldt sont légions ici. Pas de la repompe, puisque les trois morceaux explorent chacun indépendamment des autres des sonorités mélancoliques et riches en émotion. La paire Renkse-Nyström fonctionne à merveille, Akerfeldt n'hésite pas à insuffler une dose bestiale à un opus noyé dans des sonorités doom, quelques fois malsaines ("At Last"), quelques fois gothiques ("Inside The Fall").
Tout comme sur les deux opus précédents, les morceaux de Sounds of Decay n'ont pas de structures à proprement parler: aucun refrain, ni de couplets d'ailleurs, juste une suite de riffs mélancoliques et mélodiques qui se suivent en s'imbriquant le plus naturellement du monde... Du coup, l'agréable sensation de voyage psychédélique reprend le dessus, et, la magie
Katatonia opérant, vous voici transporté dans un monde secoué au gré des vagues émotionnelles à la fois riches et intenses. Un vrai plaisir en somme!
Katatonia n'en oublie pas pour autant son amour pour les ambiances plombées, qui ont fait la renommée de Dance of December Souls ou Brave Murder Day. Le tout est lourd, bien que bercé par les notes lancinantes de Nyström, qui s'évertue à donner une légère note d'espoir, teintée d'une forte mélancolie. Si vous doutez, "Nowhere" pourra pleinement vous prouver le talent de ces suédois...
En revanche, le seul bémol que l'on pourrait reprocher à Sounds of Decay se situe au niveau de la qualité d'enregistrement. En effet, l'EP manque légèrement de pêche, mais donne par la même occasion un côté franc, pur et sinçère que l'on appréciera en se disant qu'il date de 1997....
Suivant de près Brave Murder Day, Sounds of Decay dresse l'épitaphe de l'ère doom-death de
Katatonia avec brio. Les trois morceaux de cet EP se suivent et se savourent tel un brevage qui saura faire voyager votre esprit, bien loin des barrières érigées par votre subconscient... Mikael Akerfeldt donne un côté plus brut aux compositions foncièrement planantes de Sounds of Decay.
Le résultat: un EP vraiment sympathique, peu original pour le groupe mais de qualité, c'est évident.