Katatonia est surtout reconnu pour son rock-metal mélancolique et vraiment bien fait. Mais bien avant de verser dans ce style qui caractérise à lui seul la patte
Katatonia, les musiciens s'adonnaient à un doom-death plombé et riche en émotions noires et tristes.
Dance of December Souls et
Brave Murder Day décrivent à merveille l'ère première de
Katatonia, mais c'est un retour dans le passé que je vous propose ici, avec la première démo au nom écorché:
Jhva Elohim Meth.
Accrochez-vous, vous voici en 1992!
Un an après la formation de
Katatonia, Lord Blackheim et Lord Seth (respectivement Anders Nyström et Jonas Renkse) sortent la démo
Jhva Elohim Meth, qui permet de découvrir l'identité naissante du duo, à travers un death-doom mélodique, empreint d'atmosphères riches, sombres et tristes. Quatre titres donc, avec un son général plutôt bon pour une démo, dans lequel chaque instrument trouve sa place (la basse est audible, le chant pas trop mis en avant...). Les morceaux s'enchaînent, le talent des suédois se révèlent aussitôt, tant dans la composition que dans l'élaboration d'atmosphères intéressantes. Car c'est bien là le point fort de
Katatonia: les atmosphères noires et mélancoliques, mélange à la fois beau et triste.
"Without God" et "Palace Of Frost" tissent une toile de riffs lancinants et répétitifs, pour former des sonorités mélodiques et réussies. "The Northern Silence" enfonce le clou et laisse éclater au grand jour le désespoir de ses géniteurs. Lord Seth s'evertue à hurler sa détresse, et son chant écorché, parfois maladroit, donne une pointe de rage qui sied à merveille au doom de
Katatonia. Pour les plus attentifs, ce morceau cache également quelques pistes en chant clair, profondes prémices du virage amorcé par le groupe avec
Discouraged Ones... "Mindwinter Gates" et "Crimson Tears" étant deux morceaux instrumentaux (prologue et épilogue), je vous laisse le soin de les découvrir par vous-même...
Comme je vous le disai précédemment, le chant écorché de Lord Seth peut vous paraître maladroit à certains moments, mais cette fébrilité vocale laisse justement transpirer une sorte de détresse infinie, comme un hurlement de douleur que l'on serait aller chercher au plus profond de soi-même... Et puis, ce n'est que les débuts de
Katatonia...
Jhva Elohim Meth est donc la toute première démo de
Katatonia, premier enregistrement qui annonca les prémices d'un grand à en devenir. Cette démo est intéressante à plus d'un titre, notamment par la retranscription d'atmosphères vraiment bien faites. Le son est de qualité (pour une démo), et les compositions sinçères et riches.
Un très bon premier essai donc, que les suédois s'empresseront de transformer avec un
Dance of December Souls somptueux.