Engel... Tout bon metalleux reconnaîtra à coup sûr le hit ultime de nos amis allemands,
Rammstein... Or ce n'est pas d'eux qu'il s'agit ici, non il faut monter plus haut dans la mappemonde pour se retrouver en Suède, avec Engel, la formation d'Indus' Death Mélodique qui puise ses membres dans des formations comme Passenger, Gardenian,
In Flames et
The Crown.
Absolute Design, premier opus de ce all-star band à la suédoise, dévoile les prémices d'une musique moderne, accrocheuse et résolument énergique...
Si avec un CV pareil Engel ne donne pas envie, je ne sais vraiment pas quoi faire!
On débute avec un "In Splendour" tranquille, installant le son des suédois. Forcément proche d'
In Flames (entre autres) au niveau de la production (l'opus est mixé par Anders Fridén!), on sent déjà qu'Absolute Design sera un opus accrocheur. Le refrain, comme sur la totalité des douze pistes, se veut entraînant, le hurleur
Magnus Klavborn (ex-Headplate) n'hésitant pas à pousser son chant clair plutôt agréable pour un rendu intéressant à défaut d'être vraiment original. Mais la force d'Engel réside dans ses riffs et ses arrangements. J'en veux pour preuve l'excellent "Casket Closing", mélange de
Linkin Park (influence assumée paraît-il) et de
Soilwork. La paire guitaristique sait y faire, et c'est d'un naturel exacerbé que déboulent des riffs imposants ("The Hurricane Season", "Propaganda" ou "I'm the One").
Les douze pistes s'enchaînent sans tourner en rond, plaçant des morceaux racés à la suite de titres plus posés ("Descend"). On sent vraiment le bagage des membres d'Engel, puisque c'est avec une grande maîtrise que les compositions sont agencées.
Les refrains, autre point fort du groupe suédois, ont tous tendance à rester en tête après leur écoute ("I'm the One", "Calling Out", "Next Closed Door"...), et c'est ainsi qu'il ne sera pas rare de se surprendre à siffloter le refrain de "Seven Ends" sous la douche le lendemain matin!
Si les influences sont forcément palpables, on reconnaîtra qu'Engel parvient à ériger quelques atmosphères froides loin d'être inintéressantes ("Scythe" ou "Descent"), bien aidées il est vrai par une multitude d'arrangements bien sentis.
Dernier point, le visuel de la bête. Si l'artwork se veut plutôt classique sans être forcément hideux, les détenteurs de la version digipack se retrouveront avec un bien bel objet dont l'ouverture du disque a le mérite d'être inédite...
Avec un premier opus de la sorte, il est certain qu'Engel a mis toutes ses chances de son côté pour débuter une carrière prometteuse. Évidemment, les relations du combo avec ses influences sont toutes faites, mais il serait dommage de se priver d'une musique moderne et énergique, bien composée de surcroit, pour la simple raison qu'on a vu plus original...
De par ses refrains accrocheurs et ses riffs monstrueux, Absolute Design a de très grandes chances de faire des ravages parmi les fans de la scène Death Mélodique sauce Göteborg...