En seulement trois albums,
Swallow The Sun a réussi le pari de devenir l'un des acteurs incontournables de la scène doom finlandaise, aux côtés des légendaires
Shape Of Despair. Plus mélodique, plus versatile également que ces derniers, la bande de Mikko Kotamäki a conquis les fans de musique lourde et pesante avec les majestueux Ghosts Of Loss et Hope.
Deux ans après le très prometteur Hope (et seulement une année après l'EP Plague Of Butterflies),
Swallow The Sun remet le couvert avec un New Moon particulièrement inspiré.
A sa sortie, Hope avait agréablement surpris la critique grâce à l'apport d'un chant clair ainsi qu'une plus grande place pour le clavier. Soyons clair d'entrée de jeu, New Moon est la continuité parfaite de cet opus. Moins extrême, plus mélodique mais non moins sombre, la musique de
Swallow The Sun ne s'est pas assagie pour rien: l'impact des interludes ("Sleepless Swans", "Servant Of Sorrow"...) est alors bien plus important, la lourdeur oppresse l'auditeur dans un sentiment de tourmente que rarement le groupe avait réussi à produire auparavant.
Bien que dans l'ensemble plus calme que ses prédécesseurs, New Moon n'est pas non plus un disque de pop, loin de là! Le combo finlandais aime varier ses sonorités au fil de ses longs morceaux, et il n'est pas rare de passer d'un doom-death mélodique à un black particulièrement véhément qui pourront rappeler à certains Alghazanth ("These Woods Breathe Evil", "Lights On The Lake (Horror Part. III)" et "Weight Of The Dead").
Variété dans les sonorités, mais également dans le rendu, notamment grâce aux vocaux de Mikko Kotamäki. Le frontman, habile dans chacune de ses facettes de chant, parvient à tisser une profondeur vraiment intéressante et qui relève de la performance (flagrant sur "And Heaven Cried Blood" et "Lights On The Lake (Horror Part. III)"). C'est d'une simplicité bluffante qu'il passe de growls profonds, à un chant clair maîtrisé, pour ensuite repartir sur un chant plus écorché et criard!
Une vraie performance!
Le reste de la formation s'en sort également très bien, puisque les guitaristes parviennent à élaborer des plans mélancoliques du plus bel effet ("New Moon", le magnifique riff à la fin de "These Woods Breathe Evil"...), que Matti Honkonen (basse) vient alourdir pour conforter la musique de
Swallow The Sun dans un doom lourd et pesant. Aleksi Munter (claviers) vient quant à lui alléger les sonorités à l'aide de fines nappes qui créent une profondeur appréciable du début à la fin de l'album. Le batteur, enfin, marque de son empreinte oppressante autant que précise ce New Moon avec un jeu varié.
La production met naturellement en valeur la basse et les guitares (typiques pour du doom-death), pendant que le chant, lui, est légèrement en retrait. Pas vraiment de prise de risque de ce côté-ci donc.
En revanche, chose relativement nouvelle chez
Swallow The Sun, la présence d'un chant féminin vient embellir la musique sur "Lights On The Lake (Horror Part. III)", qui permet au groupe d'appuyer ses sonorités atmosphériques déjà palpables sur "Falling World" ou "These Woods Breathe Evil".
Peu de prises de risque au final, New Moon est vraiment la plus logique continuité de Hope. Un chant clair plus imposant et un clavier plus proéminent constituent à eux seuls la nouveauté du
Swallow The Sun cuvée 2009. Peut-être pourrait-elle lui porter préjudice, mais c'était sans compter sur la technique et le rendu irréprochable des musiciens, qui parviennent à donner un second souffle rafraîchissant au doom finlandais, en variant sensiblement ses sonorités d'un morceau à l'autre.
Un vrai bon disque de doom-death mélodique et mélancolique donc!
Je vous le dis,
Swallow The Sun n'est pas prêt de laisser son trône de leader du doom finlandais...