Battlelore voit le jour en 1996 sous l'impulsion de Jyri Vahvanen, et c'est après deux démos que le groupe signe chez Napalm Records pour un premier album : «
...Where the Shadows Lie » (2002). Le groupe évolue dans un Folk metal teinté de melodeath, tout en s'aventurant sur une pente dangereuse, due à son style démesurément kitch et surfait. Et il est bien connu que le publique metal est intransigeant et n'accorde aucune pitié aux groupes qui s'aventurent trop près de la lumière ...
Basé sur le contraste entre chant féminin clair et épuré et voix gutturale rocailleuse - principe développé un peu plus tôt par les norvégiens de
Tristania puis largement exploité par
Epica dans les années 2000 -, la musique du groupe a comme particularité d'être enrichie de nombreuses influences, à l'image du très surprenant « Ride With the Dragons » sur lequel nous nous pencherons plus tard. Ainsi
Battlelore nous déserre un metal varié, ciblé sur un clavier aux nombreuses saveurs qui empiète sur des guitares bien discrètes – à la manière du metal symphonique.
L'ambiance dégagée par la musique du combo se veut la plus proche de l'œuvre de J.R.R Tolkien dont elle est très étroitement inspirée, que ce soit au niveau des thèmes lyriques ou des mélodies. Ainsi les musiciens s'efforcent de retranscrire au mieux l'univers de l'écrivain originaire d'Oxford, ce qui n'est pas chose aisée. Cependant les sonorités présente dans cet opus auraient gagnées à être moins kitch et surfaites de façon à conférer plus d'authenticité à l'œuvre finale.
Car si ce «
...Where the Shadows Lie » ne manque pas d'originalité et d'inspiration, son contenu n'est pas assez imagé pour faire penser un bouquin dont il est inspiré. A cela, on peut comparer Batllelore aux autrichiens de
Summoning dont les sonorités belles et froides sont profondément imprégnées de l'univers de Tolkien, à l'inverse de leurs confrères qui privilégies la mélodie - l'effet immédiat sur l'auditeur - à l'instauration d'une ambiance sur le long terme.
Cependant c'est un opus très travaillé que nous avons là. En effet les voix et les différents instruments complémentaires sont habilement couplés avec le reste de la musique, créant ainsi une grande diversité. D'autre part les influences présentes sont très nombreuses, et en cela
Battlelore n'a à envier à personne ! Il est donc intéressant de se pencher un peu sur la pièce « Ride With the Dragons » qui en huit minutes développe des ambiances electro au clavier, médiévales, avec la présence de passages menés par des instruments traditionnels et de parties chantées a capella. Et si cette richesse sonore est bien le véritable atout de cet album, elle peut le rendre difficile à cerner sous tout ces angles, pouvant faire penser à un grand n'importe quoi.
De la très belle « Journey to Unding Lands » découla un mauvais clip empreint d'amateurisme, traduction en image du kitch et du manque d'authenticité de
Battlelore qui entrainera un manque cruel de crédibilité auprès des puristes du genre. Kitch qui s'accentuera avec les prochains albums jusqu'à devenir totalement ridicule, mêlant des claviers faussement grandiloquent à une voix claire suivant des phrasés typés R'N'B, voix qui pointe déjà le bout de son nez par moments ...
Une musique des plus prenantes, travaillée, efficace. C'est un bon opus que nous avons là, et les musiciens de
Battlelore ont visé juste dès le début, malgré quelques défauts à rectifier. En effet ils suivent une recette dangereuse dont il feraient mieux de s'écarter raisonnablement pour ne pas sombrer dans un pop metal « féérique » minable, dans le genre du
Nightwish post-Tarja Turunen. Enfin quoi qu'il en soit, «
...Where the Shadows Lie » est un premier album prometteur, à écouter donc !