Nous sommes en 2005, et pour leur troisième album intitulé «
Third Age of The Sun »
Battlelore s'est offert un line-up tout neuf, avec notamment un nouveau chanteur : Tomi Mykkänen qui remplace le talentueux Patrik Mennader. Aussi le groupe a t'il tenu à ajouter à propos du titre de l'album : « ça représente aussi un nouveau départ pour
Battlelore, à cause du changement de line-up et notre façon différente d’enregistrer ». De quoi nous mettre l'eau à la bouche !
Ajoutons à cela que durant les deux années qui séparèrent ce nouvel opus de son prédécesseur « Sword's song » le groupe n'a pas chômé, et s'est produit notamment au RingCon de Bonn – festival basé sur l'univers de Tolkien. Et au bel artwork de ce «
Third Age of The Sun », on devine que les Finlandais n'ont pas abandonné leur cher écrivain, qui est à la racine de la musique du combo.
Mais on est très vite déçu. Tout d'abords par le chant de Tomi Mykkänen qui se révèle bien pauvre, en plus du fait que ce dernier n'ai pas souhaité agrémenter l'album d'un chant clair masculin, ce qui enlève beaucoup à la musique de
Battlelore. Ensuite par le virage musical empreinté par les musiciens qui qualifient déjà – et en toute modestie - leur musique comme étant « mélancolique, organique, dark, true. Du fantasy metal à son apogée ». Le groupe a donc supprimé tout les effets à rallonge et autres expérimentations instrumentales qui faisait la richesse des deux opus précédent, de façon à créer une musique plus crue et concentrée sur l'atmosphère des pièces.
Pourtant on ne peut pas vraiment dire que l'effet soit réussi, tant
Battlelore perd au change. Les pistes sont toujours aussi courtes qu'avant, et si la musique est moins alourdie de toutes sortes d'arrangements électroniques elle ne dégage toujours qu'une ambiance superficielle et peu profonde. Mais en plus de ça, les compositions ne sont pas accrocheuses dans l'ensemble. Disons que la musique du groupe perd tout son croquant qui résidait dans les différentes sonorités dont étaient agrémentés les opus précédents, au niveau des instruments et des arrangements chantés.
Ici ne prospère qu'un clavier répétitif et déraisonnablement kitch qui est la marque de fabrique du groupe depuis ses débuts.
Déjà dans « Sword's song » les chansons ne parvenaient pas à captiver l'auditeur tout du long. Et dans «
Third Age of The Sun » les musiciens ne réussissent à nous accrocher que durant quelques rares passages bien construits. Car il réside cependant de bonnes idées, malgré que le combo n'ait pas eu la clairvoyance d'en faire un condensé. Rajoutons que la production n'a aucun relief, les guitares sont molles et la base rythmique peu énergique, ce qui ne contribue pas à mettre en valeur des compositions malhabiles.
Dans «
Third Age of The Sun » toutes les ambiances se perdent – la musique du groupe n'ayant aucune profondeur et étant axée uniquement sur la mélodie, et cela depuis ses débuts. Ainsi, les sonorités de cet opus font tout sauf nous rappeler l'univers de J.R.R Tolkien, pourtant si riche et varié. On se retrouve donc face à des compositions mauvaises et en rien accrocheuses, surement dues à un manque d'inspiration, car les mélodies – tout de même au centre de
Battlelore – ne sont ni celles d'un «
...Where the Shadows Lie » ni d'un « Sword's song ».
Avec «
Third Age of The Sun », le groupe perd tout son intérêt. Et pas seulement à cause du nouveau chanteur (dont la voix n'est pas à la hauteur) comme certains le prétendent, car les compositions se révèlent manquer d'envergure, et les combinaisons de voix ne sont plus ce qu'elles étaient. Peu de morceaux valent le coup finalement, mis à part un « Trollsaws » plutôt inspiré et quelques autres passages disséminés ça et là dans l'album. Alors ne vous demandez pas pourquoi cet album fût un pur échec commercial ... Et pour une musique "mélancolique, organique, dark, true. Du fantasy metal à son apogée", c'est malheureusement tout à fait raté !