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Il n'est guère compliqué de comprendre la nature de
Celeste, malgré un nom prêtant aux premiers abords à la confusion de part son esthétique lumineuse. En effet, sobrement, mais clairement, appelé Nihiliste(s), ce premier véritable album des Lyonnais n'a de
Celeste que l'opaque noirceur d'une nuit sans étoiles.
Continuant sa route maladive et laissant la gangrène pourrir davantage son esprit nauséeux, l'entité du quatuor Français passe le pessimisme pour sombrer dans le nihilisme le plus total. Démarrant son orgie de violence démentielle en trombe dès la deuxième seconde de l'album, Johan hurle ses paroles comme un dément tandis que les musiciens, comme galvanisés perpétuellement par la folie qu'eux même distillent, assènent l'auditeur d'accords apocalyptiques et de martèlements écrasants.
La recette de
Celeste marche terriblement bien, et pourtant ses ingrédients sont simples : Rien que l'ensemble traditionnel Guitare / Basse / Batterie, et un chant déchiré couvrant le tout. Mais, en plus du son énorme et du mixage excellent dont disposent les Lyonnais, si la recette fonctionne si bien, c'est surtout à cause de la vigueur diabolique des musiciens, véritables hérauts de la calamité, qui enchaînent les morceaux efficacement et embarquent l'auditeur dans ce ballet pestilentiel où nulle paroi n'est présente pour s'accrocher et s'enfuir.
La musique de
Celeste n'a pas d'espoir, aucun, et pourtant, derrière ce voile de désespoir se cache l'ironie de la démence. La musique, même désespérée, persévère dans son acte d'
autodestruction et parfois se laisse aller à quelques accalmies malsaines, par exemple dans « Mais va vendre ton dédain », ou de tragiques appels à la lumière, comme dans la superbe « Pour maintenir encore une fois la distance », qui s'engouffre finalement de nouveau dans sa perdition. Jusqu'au boutiste,
Celeste continuera son hurlement acharné devant la mort même, et tentera dans la dernière piste un ultime assaut, avant de sombrer pour de bon dans les ténèbres.
Celeste a décidément de quoi faire vibrer la scène Française et, bien que Nihiliste(s) ne soit pas foncièrement l'album le plus abouti du combo, démontre parfaitement la capacité de ses membres à sombrer l'auditeur dans un chaos sonore destructeur. Espérons donc qu'ils n'abandonneront pas tout espoir de réaliser de la musique, surtout lorsque cet à ce niveau.