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Chroniques :: Chronique de DevilDriver

Chronique de DevilDriver

DevilDriver  - DevilDriver (Album)

L'arme anti voisins



Qui se souvient encore de feu Coal Chamber ? Vous savez ce groupe de neo metal pompeux qui nous avait fait l'affront de nous servir en 2001 un « Dark Days » horripilant et navrant. Riffs simplistes et compos recherchant originalité désespérément se disputaient le haut du podium du ridicule. Suite aussi au split annoncé des quatre pantins maudits, personne ne s'attendait à ce que l'un d'entre eux refasse son apparition sur le devant de la scène métallique.

Et pourtant, tel Lazare, il est revenu d'entre les morts. « Il » c'est Dez Fafara, chanteur charismatique et tatoué de la chambre du charbon. Portant son nouveau projet baptisé Devildriver (en référence aux cloches utilisés pour chasser les mauvais esprits) à bras le corps, l'éponyme débarque en cette année 2003. Et l'impensable se produisit. En effet, on aurait pu craindre un ersatz de Coal daube mais il n'en est rien. Au final, même si le son est traité façon neo metal et que le produit comporte quelques plans typiques du mouvement accla... décrié, on se rend vite compte qu'il faudra plus lorgner vers les méandres du death voir du black (surtout au niveau de la voix) ; ce qui n'est pas plus mal vous conviendrez.

Plus énergique, plus groovy, plus brutal. Tel pourrait être le leitmotiv des californiens. Ici, ne cherchez aucune pointe d'émotivité à fleur de peau. Tout est prétexte à rentrer dans le lard, à violer, à massacrer la moindre parcelle infime de votre existence abimée. Alors bon, certains critiqueront le manque de variation au niveau de la voix. Il est vrai que les beuglantes extrêmes, aussi honnêtes et spontanées soit elles, ça va un moment. A la longue c'est épuisant de se farcir une voix pareille. Mais voilà, que voulez vous, le vocaliste fou est assez intelligent pour nous sortir des moments purement jouissifs, comme sur le sautillant « I Dreamed I Died » où il rappe en gueulant. Son phrasé haché si particulier superposé à des rimes génialissimes en font un des moments forts de l'album. Autre point culminant, le sympathique « Swinging the Dead » qui comme son nom l'indique vous fera danser frénétiquement grâce à son rythme empruntant au rock'n roll.

Comme nous l'avons vu l'efficacité est de mise, mais qu'en est il de l'originalité ? La paire de guitaristes, malheureusement perchés dans leurs tours d'ivoires, délivrent quelques riffs jumpy efficaces mais qu'on jurerait avoir déjà entendus. Ce sera le principal reproche qu'on pourra faire à cette formation. Reproche qui malheureusement les suit alors même que « Beast » vient de sortir. De plus, on ne dénote que d'un timide solo sur « What Does It Take ». S'ils avaient été plus nombreux cela aurait permis de propulser cet album faire des sphères nuageuses encore vierges.

Avec ce premier rejeton, Devildriver fait preuve d'un potentiel dévastateur hors du commun qui trouvera son apogée sur l'excellent « The Last Kind Words ». Certes, l'originalité n'est pas la clé de voûte de l'édifice encore tout neuf à l'époque, mais on sent une véritable cohésion entre les membres. On pourra juste regretter un son un peu trop propret qui mutera habilement vers quelque chose de plus cru et plus sombre sur « The Fury of Our Maker's Hand ». En tout cas, c'est un joli coup de la part de Fafara et un énorme succès commercial outre atlantique.



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Avis des chroniqueurs :  
NanoRoux  



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