Quatre longues années de disette ont été nécessaires aux fans de
Linkin Park pour voir le successeur de Meteora et la bande à Chester revenir sur scène. Quatre années durant lesquelles chaque membre du groupe a composé dans son coin avant de se réunir pour mettre en commun ces travaux personnels. Autant dire qu’au bout d’un certain temps, l’attente devient longue et surtout, elle génère des espérances. Et puis bon sang ça laisse du temps quand même ! Alors qu...que…penser de ce *@%$# d’album ? (Excusez-moi)
Eh bien…pas grand-chose. Et même rien. Ah si ! Une absence de talent que l’on ne leur connaissait pas ! Fiou en quatre ans c’est tout à fait ce qu’on espérait voir ! Malgré une intro légèrement planante et mystérieuse qui laissait présager du bon pour ce Minutes to Midnight, « Given up » refroidit très vite avec son riff pseudo-rock insipide à la mords-moi-le-nœud et son mirage de violence n’est finalement qu’un léger voile transparent qui part en un coup de vent (malgré un passage digne de la vieille époque). Et encore, ça reste assez Metal comparé aux autres compositions, toutes plus ringardement Pop les unes que les autres. Non pas que la Pop soit un style misérable, seulement
Linkin Park en fait trop et pas assez en même temps.
Ce qui veut dire ? Ecoutez monsieur, cela signifie que le combo de Neo-Metal d’antan s’est transformé, a voulu évolué dans un style clairement plus commercial et proche d’un U2 – époque actuelle – que de sa violence originelle. Si l’intention peut paraître louable, le résultat n’est pas probant. Des morceaux comme « Leave out all the rest » ou « Valentine’s day » font dans le romantisme miévreux. Excusez-moi du peu, mais on nage dans le ridicule et dans la niaiserie. Je me noie. Au secours.
Et quand ce n’est pas la Pop, c’est un mélange Rap/Pop religioso-militariste qu’ils nous envoient avec un « Hands Held High » renversant d’inutilité. Pourtant, à notre souvenir, Shinoda envoyait nettement plus à l’époque de Hybrid Theory. Comme tout le groupe en fin de compte. Mais où sont passées ces bonnes vieilles compositions d’autrefois qui manquent cruellement à cet album ? Même dans Meteora, les morceaux calmes trouvaient leur intérêt. Or ici, il n’en est rien. Le groupe se perd en chemin en essayant de mélanger les genres, d’articuler des idées sans fond (« In between », trop plombante) ou de vouloir attirer par des tentatives nouvelles (« The Little Things Give you away », emmenée par un Chester emmasculé).
Allons allons, n’enfonçons pas trop profondément le groupe de notre enfance, et tentons de gratter le givre afin de retrouver le luisant du verre. « Bleed it out », entrainante, honnête musicalement et proche de leur passé glorieux, peut être citée ou encore « No more sorrow », plus sombre et Metal malgré la prestation ô combien navrante de Rob Bourdon, le batteur, qui garde le même jeu vidé de toute substance comme le feeling ou…à peu près tout en fait. Ce n’est pas pour rien qu’il est cité sans cesse dans les magazines comme exemple à ne pas suivre ! Néanmoins, il apparait difficile de trouver davantage de bons points à cet album, qui, s’il est bien produit, n’est pas à la hauteur des espérances. Le changement opéré révèle que
Linkin Park est peut être plus enclin à composer du viscéral que du larmoyant. Est-ce là la mort programmée du groupe ? Si les californiens se sont un peu perdus en conjecture, il faudra attendre le prochain essai pour voir si la formation souhaite continuer dans cette voie ou revenir à leurs premières amours. Quoiqu’on en dise, ce Minutes to Midnight fait 43 minutes de trop.