Burzum a, depuis sa création par Christian Vikernes (devenu Varg Vikernes après son rejet du christianisme), connu une carrière en véritable dents de scie. Le premier album Aske se révélant assez inintéressant, il laisse place ensuite au magnifique
Hvis Lyset Tar Oss en 1994 suivi du non moins splendide Filosofem (avec un morceau de trop cependant). Il est alors emprisonné pour meurtre et conçoit de sa cellule le soporifique et abrutissant Daudi Baldrs, un album de musique médiévale médiocre et entièrement conçu au synthétiseur (écoutez-moi cette affreuse trompette sur « Daudi Baldrs » !). Puis, non content de s'arrêter là , il choisit de produire une dernière œuvre en 1999, Hlidskjalf.
Derrière ce nom imprononçable se cache en fait un album d’ambient metal. Basé une nouvelle fois semble-t-il autour de l’imagerie médiévale, cet album ne parvient pas à combler. Lent et répétitif, l’écoute de cet album est une souffrance. Pourquoi produire une musique ambiante aussi plate quand on est capable de chefs-d’œuvres Black comme
Hvis Lyset Tar Oss ou Filosofem ? Il faut croire que Vikernes a définitivement troqué sa guitare contre un clavier.
Cet album fourmille de détails à critiquer : d’une part, il a réutilisé ce bruit de trompette insupportable entendu sur Daudi Baldrs pour massacrer une chanson (« Der Tod Muotans »). Ensuite, il exploite le clavier d’une manière risible en choisissant un son désagréable (« Ansuzgardaraiwo »). Et malheureusement tout l’album fonctionne sur ce schéma d’un clavier-roi qui ne veut pas être détrôné : on a alors droit à des morceaux pompeux comme « Das Einsame Trauern von Arija », ou à des ballades médiévales inintéressantes à l’instar de « Die Liebe Nerpus’ ».
Cet album conclut donc la carrière de ce one-man band pour le moins singulier. Avec un parcours semé d’embuches, il est certain que
Burzum aura produit des œuvres complexes et pas toujours parfaites. Et à trop vouloir en faire, Varg Vikernes et sa musique ont fini par en devenir insupportable. Hlidskjalf marque la fin d’une carrière contrastée ; malheureusement ce n’est pas de la meilleure des manières. On retiendra surtout de
Burzum deux œuvres emblématiques du Black metal :
Hvis Lyset Tar Oss et Filosofem. Avis aux amateurs…