Le mystérieux monde du Black Metal est sans doute le mouvement qui est le plus adepte des limitations des copies d’une œuvre. Combien de fois voit-on des œuvres limitées à 300 copies, ou plus ‘evil’ encore à 666 copies ?
Bien souvent ces œuvres limitées sont très vite rééditées pour répondre à une demande de la part du fan de Black Metal qui cherche une tape depuis longtemps sold-out comme on dit dans le monde du business…
Si le Black Metal est aussi un milieu propice à la sortie de Best-of, c’est très souvent pour permettre de rééditer une partie ou totalité d’une ou plusieurs démo, voire de splits, bref, le mot ‘best-of’ ne correspond pas toujours au meilleur, mais surtout à l’introuvable. Cela permet évidemment au fan de se procurer ces vieux morceaux de manière tout à fait légale.
Le buzz autour de
Celestia ces derniers temps à que quoi nous faire tilter. Des albums bons, pour ne pas dire très bons, et envoûtant qui nous plonge dans une musique personnelle et inspirée. Evoluant depuis un bon moment dans l’underground français, le projet du célèbre Noktu a surtout connu ses heures de gloires lors de la sortie de Frigidis Apotheosia, la fameuse genèse de l’abstinence… Et pourtant, le groupe a derrière lui une discographie plutôt conséquente. Et pour célébrer son retour en force, une compilation de taille voit le jour, sobrement intitulé Retrospectra. (Les plus vifs d’entre vous auront repéré le subtile jeu de mot latin ‘retour’ et ‘
spectre’)
Et si je ne suis pas là pour juger de l’utilité de ce ‘best-of’, il n’en est pas moins que l’on a tout de même comme l’impression que cette offrande a des fins tout de même assez commerciales.
Les morceaux choisis sont certes pertinents et assez représentatifs de l’œuvre de
Celestia. En revanche, était-il réellement utile de proposer 2 versions de A Dying Out Ecstasy, ou encore de Mort d’une Vestale ou Spectra et encore The Forest Was A Neverending Place ? Quatre titres qui apparaissent en double ? Et non, plus ! J’avais oublié Infected By Rats… Il n’y avait donc rien d’autre dans la discographie de
Celestia à mettre en avant ? Certes les enregistrements diffèrent quelques peu, le son est différent, etc. mais quand même…
Surtout que la plupart de ces morceaux, que se soit Infected By Rats ; Mort d’une Vestale, A Dying Out Ecstasy et Spectra se retrouvent sur pas moins de 5 ou six démos ou splits différents. Celui qui ne les connaît pas encore doit vivre sur une autre planète !
Et ce qui est frappant également, c’est que ce best-of a clairement des allures d’albums. Ce que je veux dire par-là , c’est que le tout ne semble pas plus décousu que cela, cela semble très cohérent. Tandis que le titres annonce une rétrospective, on pense pouvoir juger de l’évolution du groupe à travers toutes ces années à errer dans l’underground. Et pourtant, pas vraiment. C’est comme si le groupe n’avait pas évolué depuis sa première démo. On retrouve toujours ce même son, cette marque de fabrique et ce chant si caractéristique, à savoir un Black Metal froid et mélancolique, haineux à souhait et élitiste. Alors, on ne va pas s’en plaindre, certes, mais il aurait été intéressant de mettre en avant les aspects évolutifs de
Celestia, montrer un groupe dynamique, etc.
Et encore, si l’artwork avait lui quelque chose d’attirant, cette compilation pourrait avoir un petit côté intéressant plus catchy, mais au lieu de ça, on a un artwork très basique, pas du tout alléchant, voire moche.
Vous l’aurez compris, ce best-of n’est pas des plus pertinents. Avec déjà 5 ou 6 morceaux qui apparaissent en double, il n’en reste au final que 12 ou 13. Sans compter que ces morceaux se retrouvent facilement sur des démos puisqu’ils ont en général figuré sur plusieurs d’entre elles aux débuts de
Celestia.
Une rétrospective qui, en fait, s’annonce plus comme un coup de pub pour se foutre de la gueule des fans qui se procureront ce disque en croyant acquérir un bien bel objet riche et varié. Si les intentions de Noktu étaient autre lors de la sortie de cette compil’, il faudra me dire ce qu’il en était.