Retour en arrière avec cette démo de
Gojira qui s’appelait encore à l’époque Godzilla.
Possessed, ou la seule démo encore trouvable des Landais, était leur avant-dernière avant la sortie de leur premier album
Terra Incognita. Elle contenait déjà plus de choses reconnaissables aujourd’hui que Saturate par exemple.
Une entrée bien glauque et étrange : voilà ce que nous propose
Gojira avec cette démo. Un sample, fait des cris d’agonie d’un possédé semble t-il (vu que c’est le titre du morceau, éponyme) nous met dans l’ambiance avant la déferlante «
Possessed » donc. Très Death old-school au préalable, le premier morceau de la galette continue dans un tempo plus léger rappelant la future « Clone » (un hasard ?) et laisse la place à des atmosphères mystiques avec un chœur qui surprend lorsque l’on connaît
Gojira. Un premier jet qui fait mal donc, ça double pédale sec, la voix est violente, faite d’un Death bien rauque. On se repère déjà pas mal, reconnaissant le
Gojira de maintenant à certains instants, notamment par les arpèges lointains répétitifs.
Le reste claque, et d’une façon assez dingue. On comprend l’engouement ressenti par les Landais devant ce Godzilla qui assurait en live. C’est technique, très Death (le riff d’entrée de « End of time » rappelant
Decapitated) et varié (la présence de « Mandragore », morceau acoustique très oriental fort réussi qui clôt l’album avec surprise). Encore une fois, si l’on a connu le
Gojira de maintenant avant le Godzilla de cette époque, on pourra être surpris par certaines choses. En premier lieu, la très nette impression que l’on a de reconnaître certaines parties comme l’entrée de « Bleeding » rappelant légérement « The heaviest matter of the universe » de l’album
From Mars to Sirius. Surprenant ? Pas tant que ça en sachant que certains groupes n’hésitent pas à reprendre des choses de leurs anciennes démos (le morceau « Wisdom comes » de The Link est tiré de leur dernière démo éponyme d’ailleurs, ainsi que « Clone » pour
Terra Incognita). La musique est en tout cas diffèrente dans l’ensemble. Les textes sont moins fouillés, plus old school, parlant de mort, de souffrance…Et bon sang que c’est violent ! Hormis « Mandragore », les quatre autres morceaux de la démo dépotent sévére ! « Brutal abortion » est très technique et vraiment très violente, l’ensemble de la démo est d’ailleurs très orienté extrême et dans l’ensemble ce n’est pas méga original, certaines choses sont basiques tandis que d’autres décollent (« Mandragore » toujours, beaucoup trop courte cependant ou encore certaines parties plus mid-tempo lourde et souvent aliénantes (« End of time »).
Avec
Possessed, l’amateur du
Gojira de maintenant découvrira une facette révolue mais intéressante du combo français. Il sera surpris par cette technique beaucoup plus mise en avant qu’actuellement, aura le sentiment d’avoir affaire à un tout autre groupe malgrè des racines très senties. C’était pas original avant Godzilla, ça cassait pas forcément des briques mais bon sang ça envoyait ! Pour une démo c’était plutôt pas mal et on comprend l’évolution après son écoute.