Il est toujours difficile de se faire une idée concrète d'un groupe après quatre titres. Avoir alors un avis tranché demande une sacrée dose de responsabilité ou de vanité. Aussi, juger
Darktribe sur les quatre morceaux de cette première démo ne serait pas rendre justice au jeune groupe originaire des Alpes Maritimes.
Parce que le son est le premier point faible qui saute directement aux oreilles. La production n'est clairement pas à la hauteur. Alors oui, c'est une démo, oui il ne faut pas être exigeant, mais il est vrai que le son a un rendu granuleux, qui étouffe quelque peu les prestations de chacun (surtout au niveau du chant de
Anthony Agnello qui n'a pas toute la latitude dont il aurait besoin). D'ailleurs, les prestations vocales risquent de faire grincer certaines dents. Si la voix de Anthony peut rappeler celle de
Thierry Lebourg dans ses passages aigus, en toutefois plus agaçante, ses prestations médium sont bien plus réussies et énergiques ((i]Eyes Have You[/i] gagne ainsi en robustesse).
Musicalement, le groupe s'appuie sur des rythmiques syncopées, plus proches du thrash que du heavy traditionnel, même si la guitare tend clairement dans cette direction. Par moment, cela pourrait faire songer à un Heaven's Gate (l'ancien groupe de Sascha Paeth) en plus lourd, plus puissant.
Loïc Manuello, le six-cordiste, semble particulièrement à l'aise dans l'exercice du solo ; certains passages ressemblent parfois à des clins d'oeils astucieusement placés, comme le solo de
Fantasy... Apocalypse qui n'est pas sans évoquer ceux de
Roland Grapow sur le Pink Bubble Go Ape des Citrouilles, dans le son, dans la manière dont il est agencé.
Dark Tribe ne montre pas forcément un visage très séduisant, pétri d'originalité, celui du groupe qui va décrocher la timbale dès ses premiers enregistrements. Mais ce serait condamner un groupe sans le connaître vraiment, sans savoir de quoi il est capable. Quatre titres, c'est toujours trop court pour se faire une idée définitive et si on peut être déçu, qui sait ce que peut nous réserver la suite ? Surtout que
Darktribe, malgré un patronyme qui parlerait à un black metalleux, a de quoi séduire un public amateur de heavy burné, dans la lignée d'un
Nightmare ou d'un
Dyslesia justement. Les défauts de production ne permettent pas d'apprécier à sa juste valeur la force de frappe de
Julien Agnello derrière ses fûts, le cogneur aime visiblement diversifier son jeu, proposer des rythmiques variées pour permettre au groupe de prendre plus d'ampleur, de caresser diverses envies pour consolider ses bases.
Natural Defender est à prendre comme un galop d'essai. Le groupe, qui s'est forgé durant des années avec des reprises, parvient à tenir la route sans problème et dispose de potentiel. Il est là, palpable et ne demande qu'à exploser. Il est certain que la prochaine production du groupe, montrera une nette évolution. Car c'est en tâtonnant que la bonne formule sera trouvée.
Darktribe est à suivre de près.