Doro, c'est une personnalité du metal. Une femme courageuse qui très tôt était devenue une égérie du heavy metal allemand, d'abord au sein de
Warlock, puis dans la continuité de celui-ci, avec sa carrière solo. Et vingt-cinq ans après la sortie de
Burning The Witches avec
Warlock,
Doro fait un bilan et décide de fêter ce quart de siècle au service du metal de la plus digne des façon, en sortant un nouvel album.
La pochette est à nouveau guerrière, mais sans être dans la lignée de celle de Warrior Soul. Cette fois-ci, les couleurs sont chaudes, très chaudes vu que la belle apparait dans les flammes, tenant des goules en laisse. On est loin du côté froid et tranchant de l'opus précédent. Et musicalement ? Il n'y a pas de grandes surprises,
Doro fait du
Doro, dans son expression la plus simple : un heavy metal plutôt mid tempo, accrocheur par sa simplicité.
En effet, la belle ne change pas beaucoup ses habitudes, c'est un fait qu'on lui pardonne toujours, dès que sa voix doucement éraillée vient nous caresser les tympans. Elle ne trahit pas sa passion en s'essayant à des parties lyriques, elle n'essaye pas de s'incruster sur les terrains de jeu d'une Angela Gossow ou Sabina Classen, elle reste elle-même, dans toute sa simplicité. Et c'est ce qui fait sa force. Parce que les titres proposés sont terriblement accrocheurs. Des mélodies bien trouvées fusent de partout, grossissant subitement pour donner lieu à des refrains plaisants, puissants et surtout très entraînants.
Parfois, poussée par une rage berserker, elle pousse ses compositions vers plus de vitesse, tout en accentuant le côté rentre-dedans de façon sensible.
Caught In A Battle et
On The Run sont ainsi des tueries speed où
Doro fait preuve d'agressivité tandis que le groupe derrière elle déploie sa force de frappe. C'est rageur, la batterie devient muraille et les guitares tranchent dans les chairs sans pitié. Forcément plaisants, ces morceaux apportent un peu de diversité avant les ballades.
En effet, un album de
Doro sans ballade n'en est pas vraiment un. Cette fois-ci, elles sont au nombre de quatre, pour onze morceaux au total. Certains objecteront que ça fait beaucoup, qu'un album de metal ne devrait pas tendre autant de fois dans cette direction. Mais voilà, des compositions comme
Herzblut (chantée en allemand) et
Walking With The Angels (en duo avec
Tarja) sont très réussies, dans la grande tradition des ballades de
Doro justement, avec de douces mélodies sur lesquelles les guitares peuvent s'appuyer avec délicatesse. Malheureusement, les deux autres sont un peu plus anecdotiques et auront tendance à plomber quelque peu la fin de l'album.
Il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un anniversaire. Et que serait un anniversaire sans amis ? Outre
Tarja, on retrouve une pléiade d'invités, dont le groupe Girlschool, Biff Byford de
Saxon, ou encore
Angela Gossow entre autres, pour assurer les choeurs sur la bien nommée
Celebrate, une ode dédiée au rock et au metal. Le genre de titre cliché à souhait qui passe (étrangement) toujours bien avec
Doro.
Une fois de plus,
Doro n'aura pas sorti l'album du siècle, une fois de plus elle aura un peu abusé avec les ballades, mais une fois de plus, le fan de heavy va fermer les yeux et apprécier le travail de la belle. Fear No Evil n'est pas son meilleur album, il ne sera pas le pire non plus et au bout de vingt-cinq ans de carrière, on ne peut qu'apprécier le fait que
Doro soit toujours de la partie, avec un savoir-faire évident et sa passion en prime. Merci à toi
Doro et bon anniversaire.