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Chroniques :: Chronique de Romulus

Chronique de Romulus

Ex Deo  - Romulus (Album)

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SPQR



L’idée de fonder un projet typiquement centré sur l’histoire et la mythologie romaine trottait dans la tête de Maurizio Iacono depuis Epic The Poetry Of War, sorti en 2001. Kataklysm aborda vaguement ce sujet, et ce n’est que 7 ans plus tard que le leadeur du combo canadien décide de fonder son side project. Pour cela, Momo demande un coup de main à ses potes de Kataklysm et empreinte le claviériste de Blackguard. Ex Deo est né …

Pour vous préparer à Romulus, une légère touche d’histoire s’impose. Ce nom, Romulus, est celui du créateur de la ville de Rome, d’après la mythologie romaine ...

L’ambiance est donc à l’épée, à l’armure, au sang et la guerre. Oui, la guerre, un thème pourtant courant chez Kataklysm. Un pari à la fois risqué de ne pas faire une pâle copie du grand frère, surtout quand on sait que tout les membres du groupe sont issus de la même formation. Et à la fois intéressant de voir comment ils vont se débrouiller pour ne pas s’auto-parodier.

L’entrée dans le champ de bataille se fait avec « Romulus », sombre avec une touche épique apportée par un clavier. A savoir, le clavier prend une place importante dans l’ambiance de cet opus qui fait office d’épopée antique. L’impression d’incarner un soldat romain ne rendra ce moment que plus transcendant …
Comme on s’en doute, la voix grasse et sauvage de Maurizio colle parfaitement avec la musique. On constate que le chanteur utilise autant, voire plus, son chant black, en permutant ses phrasés ambiant, que son growl. Digne d’une bande originale de péplum, les samples de combats d’épées sont une force pour ce « Storm The Gates Of Alesia », morceau envoyant directement sur les terres saccagées par la destruction d’Alesia où Nergal de Behemoth pose son chant …
Le déplacement des troupes, la conquête de l’Empire donne une certaine pesanteur, « Legio XIII » ne fait que confirmer cela. L’apport des soli est d’autant plus subtile, souvent présente mais pas usé à l’extrême, donnant un côté encore plus romanesque.

Les titres sont plaisants à l’oreille, variés et ne donnent jamais une impression de déjà vue. Pour ceux qui craindraient d’entendre une pâle copie du grand frère, il n’en est rien. Ex Deo est un side project, c’est vrai, mais on pourrait aller plus loin en le disant. Maurizio Iacono n’a pas à rougir de son nouveau bébé, il fait bonne mine. D’autant plus qu’il se paye le luxe d’inviter, en plus de Nergal, le gigantesque Karl Sanders de Nile sur le titre « Final War (Battle Of Actium) ». Mais ce n’est pas tout, quant Obsidian C. fait son apparition sur « Cruor Nostri Abba »s, ce n’est pas pour faire de la poterie ou servir le vin, il impose son style …

« Romulus » est un album qui a de la gueule, ce n’en est pas à en douter. L’histoire, quant à elle, s’achève sur « Pantheon (Jupiter’s Reign) ». Mais on ose espérer que l’histoire d’Ex Deo ne s’arrête pas aussi vite.

Non, nous n’avons pas en face de nous un Kataklysm à la romaine, c’est du tout neuf et surtout, du tout bon !

Allez Ave !

(1) Modifier l'article
par Choko, le 23 octobre 2009
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Dans la formulation d’une critique se terre toujours, tapis dans l’ombre, l’expression d’une frustration. Et l’utopique impartialité, masque derrière lequel nous tentons de cacher nos déceptions, ne parvient pas toujours à dissimuler parfaitement ces rictus défaits, témoin de nos désillusions.

L’œuvre ambitieuse devait pourtant être grandiose. Elle promettait de nous narrer l’épopée antique de la naissance de Rome fondé par Romulus et son frère jumeau Rémus, fils de la vestale Rhéa Silvia et du dieu Mars, dans une fresque dantesque où se mêlerait batailles épiques, trahisons, mort, infamies. Pour guider les troupes de ces armées prestigieuses sur les sentiers poussiéreux menant à la gloire, et rougis par la haine ; des centurions aussi glorieux que Karl Sanders (Nile), Nergal (Behemoth) ou encore Obsidian C. (Keep Of Kalessin, ex-Satyricon) firent allégeance à l’empereur Maurizio Iacono. Ces protectores du souverain, au sein de sa garde prétorienne composé de Stéphane Barbe et de Jean-François Dagenais aux guitares, de François Mongrain à la basse et de Max Duhamel à la batterie (tous issus de Kataklysm), mais aussi de Jonathan Leduc (Blackguard) acceptèrent de livrer cette bataille héroïque.

Imperator, ceux qui sont prêt à mourir te saluent.

Il est aisé de retrouver, et pour cause, l’âme de la musique de Kataklysm dans cette œuvre, et notamment dans l’usage caractéristique de ces alternances de voix gutturales death avec celles plus écorchés et criardes, spécifiques à l’expression de ces canadiens. On peut aussi entendre, dans cet opus, une parenté, toutes proportions gardés, avec un Amon Amarth, ou encore, filiation, elle, très lointaine avec un Nile. La descendance avec ce dernier étant surtout mise en évidence par cette démarche volontaire commune d’élargissement à des horizons plus vaste.

Malheureusement, il est difficile de retrouver la délicieuse intensité des groupes précités. Trop rarement celle de Kataklysm ou celle des suédois, et, bien évidement jamais celle des américains ne transparait. Ainsi souvent alourdis par des rythmes accablant, nombres de titres de cette œuvre s’enlisent dans les terres, bourbeuses et ternes, d’un ennui saumâtre. Ce Death mélodique épique, agrémenté de la grandiloquence, parfois, vaine, de ces intermèdes où ajout mélodiques solennelles et tragiques, donnent à l’ensemble une inertie certes, très bien scénarisé, mais terriblement monotone pour peu que vous soyez indifférents à la représentation passionné de cette grande toile. Car, en effet, sans la magie émotionnelle de ces terribles instants historiques, souligné, encore une fois, par maints artifices tout à fait opportuns, des actes tels que les nonchalants Cry Havoc, In Her Dar Embrace, Invictus ou encore, par exemple, Surrender The Sun, s’ils servent admirablement la trame du récit, ne sont, dans l’absolu, rien d’autres que de pénibles moments aux lenteurs maladroites. Cette pesante inertie, si elle est tout à fait avisé dans la saga pour illustrer celle de certaines batailles, devient terriblement désespérante pour l’auditeur relativement détaché du concept.

Notre attention est alors décimée, et les légions romaines se meurent sous nos yeux dans une indifférence regrettable. Et ceux d’autant plus que des titres tels que les bons Storm The Gates Of Alesia, The Final War (Battle of Actium) ou encore, par exemple, Legio XIII méritaient amplement de survivre à cette affreuse hécatombe. Mais la guerre à cela d’implacable qu’elle n’épargne rien, ni personne.

Imperator, ceux qui sont morts d’ennui te saluent, mais ne te remercient pas.



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Commentaires


Voir les 12 commentaires précédents
Tu as entièrement raison.

Ceci dit je ne tentais de convaincre personne. J'exprimais simplement mon point de vue différent de celui de la plupart. Personne ne peut persuader personne car en matière de ressenti, tout le monde a raison.

Sans divergences, l'art n'a plus de sens.

mar. 30 mars 10- 15:39  
Exactement.
mar. 30 mars 10- 15:48  
c'est pour moi un excellent album , avec un clip de Romulus plutôt original .
sam. 31 mars 12- 11:44  


Romulus - Infos

Voir la discographie de Ex Deo
Infos de Romulus
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Sortie : 19 juin 2009
Genre : Death Metal
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Romulus (05:17)paroles de Romulus
2. Storm the Gates of Alesia (06:31)paroles de Storm the Gates of Alesia
3. Cry Havoc (07:01)paroles de Cry Havoc
4. In Her Dark Embrace (04:55)paroles de In Her Dark Embrace
5. Invictus (04:48)paroles de Invictus
6. The Final War (Battle of Actium) (05:01)listenparoles de The Final War (Battle of Actium)
7. Legio XIII (05:53)paroles de Legio XIII
8. Blood, Courage and The God's That Walk The Earth (06:02)paroles de Blood, Courage and The God's That Walk The Earth
9. Cruor Nostri Abbas (05:30)paroles de Cruor Nostri Abbas
10. Surrender the Sun (06:47)paroles de Surrender the Sun
11. The Pantheon (Jupiter's Reign) (03:57)paroles de The Pantheon (Jupiter's Reign)
écouter : Ecouter l'album

Ex Deo

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