Danzig n'a jamais été un groupe qui se renouvelle profondément. Avec ses gros muscles et sa testostérone en rab', l'ami Glenn a toujours plus ou moins imposé son délire, que ce soit dans les Misfits, Samhain ou
Danzig. A son groupe. A son label. A son public. Oui mais voilà, des fois c'est comme les restes de la veille, ça pue un peu le moisi et ça a moins de saveur.
Cependant I Luciferi est sympathique. D'abord parce qu'il y a une bonne intro (Unendlich), on dirait du Black Aria mais en moins chiant. Comment ne pas être emballé par ce larsen de guitare et ces vocalises, ce je-ne-sais-quoi mystique sans être pénible? Et Black Mass, lourd et efficace, lui donne d'autres raisons de se réjouir. Le son
Danzig, le timbre du chanteur, la lourdeur des riffs...Hmm ! On dirait le premier album, heavy à souhait !
Mais oui mais. Il y a toujours un Mais. C'est sympa d'entendre quelque chose qui donne envie de headbanguer, un groupe qu'on aime bien. Il ne faut toutefois pas en faire trop. En tout cas, pas repomper (ou presque) ses vertes années. Hélas c'est ce qui se passe pour le reste d'I Luciferi. Rien de nouveau, rien d'insupportable, mais rien de nouveau.
Bon, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain, Dead Inside exploite merveilleusement bien la voix de Glenn
Danzig et la guitare folk. Bon ok,
Angel Blake a un côté How The Gods Kill pas dégueu. On est pas dans la redite, mais dans la nostalgie, heureusement. Et The Coldest Sun dépote. Un riff puissant, bien heavy, qui arrache les murs et les nuques. Une voix et des couplets plus posés, plus sombres. The Coldest Sun donne envie, ce qui est hélas trop rare sur cet album. Pourquoi ne pas avoir monté tout le disque ainsi ? Hein Glenn, pourquoi ? Pourquoi se tenir aux deux-trois même vieilles idées-les tiennes ?
I Luciferi ne s'en sort que de justesse, grâce à des morceaux sympas et quelques envolées. Si seulement ce n'était pas "faire du vieux avec du neuf" sur la moitié du disque, nul doute que cet opus aurait eu une place de choix dans la discographie du groupe.