Sin City, ça vous dit quelque chose ? Pas la chanson d'
AC/DC et au-delà du film, les ouvrages angoissants de noirceur de Frank Miller, qui à l'instar de Will Eisner à son époque, a fait un bien fou au monde du comics ? Des récits foudroyant en noir et blanc principalement, avec des couleurs qui jaillissent. Le vert d'yeux envoutants. Le rouge du sang. Le jaune de la charogne. En regardant la pochette de l'album, on peut y penser même si le concept n'est pas aussi poussé. En regardant la photo à l'intérieur du (mince) livret, cette impression ressort, grâce à une chemise rouge éclatante. Cinq types en rang d'oignons et on devine aisément qu'ils sont là pour faire mal.
Et effectivement, les musiciens ne sont pas là pour compter fleurette aux bourgeoises endimanchées qui sortent de l'église, un crêpe dentelé devant le visage à une époque où la burka fait débat. Non. Ils sont plutôt tapis dans l'ombre, un poinçon dans la main, et tuer n'a aucune valeur sentimentale. Une batterie frapadingue vous cueille d'entrée. Upercut, direct du gauche. Vous crachez des dents avec un sourire crispé. Vous êtes maso, vous aimez ça. Puis des choeurs barbares résonnent, continuant à vous infliger les pires sévices.
Control/Hate est une tuerie. Une putain de tuerie qui ne ne vous laisse aucun répit. Comme si
Pantera s'était invité sur un album de Spiritual Beggars. Les seconds ont lâché le psychédélisme pour la laisser parler la puissance des premiers. C'est pas speed, mais c'est heavy. C'est brutal, mais c'est mélodique malgré tout. Le chanteur possède une voix modulable, proche de celle de
Taneli Jarva (
The Black League) dans sa facette éraillée et capable de progresser vers des plages de douceur insoupçonnée. Là, vous pensez que vous vous en sortirez tout de même. Mais non. On caresse dans le sens du poil pour mieux l'arracher après. c'est ignoble, mais c'est comme ça.
Et vous vous souvenez du dicton "plus c'est long, plus c'est bon" ? Il y a également de ça dans le passage à tabac. Et la formule entre thrash et stoner de
Stoneburst s'adapte d'autant mieux que les titres qui dépassent les quatre minutes permettent aux musiciens de prendre leur temps et de développer des parties dignes d'un massacre général. Avec des guitares grinçantes suivant une rythmique plombée, ce sont ceux de vos chicots qui vont sauter.
Et finalement, cet EP, il est trop court. Vous mourrez trop tôt. C'est frustrant de clamser à ce moment alors que la douleur devient salement jouissive. Maso, hein... Heureusement que ce n'est qu'un film que vous vous faîtes dans la tête et que vous pouvez rejouer à l'infini, en appuyant sur la touche play du lecteur CD à nouveau. Encore. Et encore. Et s'en prendre plein la tronche devient un plaisir.
Cet EP, pour parler de façon plus concrète, est une excellente mise en bouche pour découvrir
Stoneburst, dont le mélange entre la brutalité et le côté grasseyant du stoner se marient très bien. On aurait aimé en avoir plus, surtout que les titres les plus courts sont moins prenant, on a pas le temps d'être pris dans l'ambiance. Bref, autant dire que l'album est attendu de pied ferme et que
Stoneburst n'a pas intérêt à se rater. Pas après tout le bien qu'ils nous ont fait ici, en l'espace de quelques morceaux.