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1994, année des merveilles. Année des merveilles car elle voit se former au sein de la communauté métallique des œuvres marquantes au plus haut point (citons
In the Nightside Eclipse, For All Tid, le
Transilvanian Hunger de
Darkthrone ou encore le DMDS de
Mayhem). Et comme si ce n’était point suffisant, cette année fut aussi comblée de l’avènement du mythe
Empyrium, qui enfantera deux ans plus tard ses premières lettres de noblesse avec «
A Wintersunset », l’album dont il est justement question.
Les éléments que l’on retrouvera un an plus tard avec l’incroyable «
Songs of moors and misty fields » sont déjà fortement posés et le duo Allemand affirme déjà un caractère bien personnel. Prenez un Doom metal mélancolique et poétique et couplez le avec une forte dose folklorique ; flute, guitare acoustique et tout le tintouin. Ajoutez y des oscillations entre chant black et majestueux chants masculins ainsi que quelques nappes de claviers et vous aurez déjà une idée de la forme. Pour ce qui est du fond, et bien il suffit d’imaginer une vaste étendue de forêts nordiques un soir d’automne, les rayons du soleil filtrés par les feuilles dorées des arbres où commence déjà à souffler l’aquilon. Imaginez les ruines d’un monastère chargé de souvenirs et bercé par les quelques bruits d’un cours d’eau serpentant à travers les racines des bois. C’est ça
Empyrium, cette atmosphère de solitude mêlée entre nostalgie et tranquillité, ce sentiment d’un chagrin, que dis-je, d’un deuil immémorial, et pourtant accompagné de l’espoir d’un rayon de soleil filtrant dans le lointain. Le tout baigné par de forts accents médiévaux dignes d’une geste épique arthurienne.
Cependant cette première œuvre n’est pas exempte de défauts. Elle porte les traces du manque d’expérience et accessoirement de moyens. En effet, la qualité du son, sans être mauvaise, n’est pas un point fort, notamment au niveau des guitares, qui manquent bien souvent de puissance en rythmique, et de clarté en lead, ainsi que du clavier, manquant d’un peu de caractère (le son trop scintillant est parfois indigeste). N ‘allez quand même pas vous effrayez pour si peu, le tout est parfaitement distinct et l’ambiance toujours diablement présente. Néanmoins le CD ne dispose pas de l’absolue complétude de son illustre ainé, et, dû à un caractère moins marqué et moins marquant, fait part de quelques longueurs.
Mais l’émanation onirique de l’album est si présente, le dernier et fort cour morceau si beau, que l’on ne peut point blâmer cette œuvre. Et puis après tout, les Allemands prouveront par la suite que le génie est bien là. Oh que oui.