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L’Allemagne et ses forêts ont porté des fruits à nul autre pareil.
Empyrium est l’un de ces nectars, et sort en 1997, année des chefs-d’œuvre, pour ne citer qu’
Emperor et
Arcturus, une incarnation plus véritable que jamais de son esprit.
Son écorce est déjà admirable. Se mêlent dans ses couleurs éléments folkloriques et Doom metal poétique. En effet, même si le chant déchiré de Thomas Helm est d’influence black metal, il n’en est rien de la musique d’
Empyrium, bien plus proche de la mélancolie lente et nostalgique du Doom. Loin des dissonances et des cultes cabalistiques. «
Songs of moors and misty fields » est une harmonie perpétuelle, la symbiose primordiale d’une forêt. Thomas Helm nous chante de toute sa superbe la lueur vespérale d’un soleil disparaissant à l’horizon, laissant place aux royaumes de l’empyrée dans l’esprit des mortels. Il nous chante la nostalgie d’un monde oublié et d’espoirs fanés, nous rappel le chant des rivières et les cantiques des oiseaux. S’allongeant dans les ombres,
Empyrium nous pleure toutes les larmes de la terre.
Mais l’espoir demeure, comme l’évoquerait la superbe mais courte introduction aux teintes médiévales très prononcées. Comment ne pas déchainer les passions qui nous rongent en écoutant des titres aussi beau qu’ « Ode to melancholy » ou « Mourners » ? Et jamais l’on ne s’ennuie, car il ne suffit pas que d’être rapide et violent quand l’on désire captiver l’auditeur. L’œuvre est très variée, dans son fond autant que dans sa forme. En effet, de nombreux instruments sont utilisées, le groupe alliant à merveille acoustique et violence de la distorsion. Les structures des morceaux sont elles aussi ondoyantes, variant les couleurs et les sentiments. Souffrance, tristesse et élégance se mêlent en une même cataracte de passions.
«
Songs of moors and misty fields » est le souvenir inaccessible et éteint, le fatalisme du torrent de la vie, la grande chasse sauvage.
«
Songs of moors and misty fields » est beau, terriblement beau.
« Les souvenirs sont cors de chasse,
Dont meurt le bruit parmi le vent. »