Quiconque s'intéressant un tant soit peu au Metal Finlandais a certainement déjà entendu parler de
Tuomas Saukkonen. Mais si voyons, le gaillard derrière
Before The Dawn,
Dawn Of Solace,
The Final Harvest et ici Black Sun
Aeon... Bien sûr, toutes ces formations sont moins médiatisés que les poids lourds du pays (
Children Of Bodom en tête), mais certainement pas moins dénuées d'intérêt...
A l'image d'un
Peter Tägtgren, ce jeune Finlandais multiplie les projets musicaux avec un certain brio, réussissant à chaque fois à nous pondre de vraies tueries (que je vous invite à découvrir au plus vite si ce n'est pas encore fait), mélant tour à tour un death-mélo sombre et puissant (
Before The Dawn), un metal prog' digne des plus grands
Opeth (
Dawn Of Solace) ou encore un black mélodique ravageur (
The Final Harvest). Ici, son énième projet (plus solo que les autres cependant) se nomme Black Sun
Aeon, où l'alchimie aussi subtile que parfaite entre un Dark Metal aux saveurs typiquement finnoises et un black épique des plus séduisants, dont voici le premier album,
Darkness Walks Beside Me.
Comme je vous le disais plus haut,
Tuomas Saukkonen chapeaute l'ensemble des compos de cet opus. En véritable homme à tout faire, il laisse libre cours à son imagination débordante, et sa créativité musicale s'en fait largement ressentir.
Dès les premières notes, une atmosphère mélancolique enveloppe l'auditeur, savamment distillée par un piano inspiré. Puis arrive "Chapter 1. A Song For My Demise", qui dévoile une face bien plus violente que celle que l'intro a bien voulu nous laisser croire... Vocaux hurlés, couplés à des riffs sombres et une batterie martiale, ce premier morceau met les choses au clair d'entrée de jeu. Et ce n'est pas le refrain (chant clair, mais à des années lumières d'un chant néo ou metalcore) qui me contredira, laissant lui aussi filtrer un riff inspiré offrant une certaine dose de tragédie bienvenue... Au beau milieu de tout ça, une interlude acoustique permettant de souffler un peu, pour mieux repartir ensuite!
Le morceau suivant laisse jaillir un son plus brut, toujours aussi inquiétant et effroyablement mélancolique. Une nouvelle fois, l'auditeur se laisse surprendre par un paquet de riffs accrocheurs, vraiment bien ficelés, qui facilitent incontestablement la lente descente aux enfers commandée de main de maître par un
Tuomas Saukkonen inspiré.
La suite n'est pas vraiment à l'image de ces premiers morceaux. En effet, les structures ne sont plus tout à fait les mêmes, elles tirent plus vers un côté progressif, nuancées par les hurlements de Tuomas et le chant clair de Mikko Heikkila (Sinamore). Ce dernier permet d'ailleurs toutes les fantaisies de Tuomas grâce à ses lignes de chant particulièrement expressives: le délicieusement glauque "Chapter 5. A Song For My Weakness"...
Et ça continue, Black Sun
Aeon nous embarquant même dans des sonorités glaciales dignes d'un
Vinterriket avec l'intro de "Chapter 6. A Song For This Winter"! Rapidement, ce morceau se verra balayée par un riff accrocheur, démontrant une nouvelle fois les capacités du bonhomme. Il est de bon ton de rappeler que
Tuomas Saukkonen est l'unique compositeur, ainsi que l'unique interprète des longs morceaux de ce
Darkness Walks Beside Me... Ca force le respect, croyez-moi!
L'opus se termine en beauté avec deux superbes morceaux plus atmosphériques et très mélancoliques. "Chapter 8. A Song For My Funeral" et "Chapter 9. A Song For The One Who Passed Away" (ce dernier étant dédié à une personne disparue de l'entourage de Tuomas) sont deux joyaux de titres bourrés d'amertume, de nostalgie et vraiment forts émotionnellement... Loin d'être redondant voire carrément clichés, ces deux morceaux terminent un album monstrueux avec une justesse et une mélancolie cristalline que bon nombre de formations aimeraient approcher...
Allez, pour parfaire le tout, notons que Monsieur Saukkonen s'est entouré de quelques invités précieux dont Tomi Koivusaari d'
Amorphis (sur "Chapter 4.", qui donne à la musique de Black Sun
Aeon une dimension à la fois diabolique et mystique), Ville Sorvali de
Moonsorrow (sur "Chapter 5." et "Chapter 7.", y apportant à son tour un côté tragique et bestial), et enfin Mynni Luukainen de Sotajumala (sur "Chapter 3.", "Chapter 5.", et "Chapter 8."). Ce dernier laisse une belle empreinte aux compositions avec son chant éraillé.
Ajoutons à tout ce joyeux monde une production énorme, une alchimie plus que convaincante entre la brutalité des vocaux et la nostalgie des riffs mélancoliques, et nous voici avec l'un des albums forts de cette année 2009!
La tempête
Darkness Walks Beside Me passée, il est difficile de réaliser l'étendue des ravages que peut causer un opus comme celui-ci. Fort émotionnellement, imposant de par sa variété et ses multiples détails, cet album est de ceux que l'on redécouvre à chaque écoute. Aussi massif que cristallin, il est incontestablement l'une des meilleures créations de cet orfèvre de
Tuomas Saukkonen. Les ambiances fusent, les mélodies s'enchaînent et le tout s'imbrique parfaitement pour enfermer l'auditeur dans le monde noir de Black Sun
Aeon...
A découvrir au plus vite!