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Chroniques :: Chronique de Savage Amusement

Chronique de Savage Amusement

Scorpions  - Savage Amusement (Album)

Amusant, oui. Sauvage non.



Quatre années séparer le mythique Love At The First Sting et ce Savage Amusement, quatre années juste entrecoupées par le fabuleux album live World Wide Live, pour lequel les Allemands étaient allés le présenter aux Enfants du Rock de Antoine De Caunes pour la télévision française. Et une olympiade peut voir le monde de la musique changer.

Si en 1984 Scorpions était un des grands du heavy européen, ce style vivait des mutations étranges, dues à la scène américaine de plus en plus séduisante. Du coup, il est à peine étonnant de voir la bande à Klaus Meine se diriger vers un son US affiché sans trop de retenue. Après tout, Accept s'apprêtait à faire la même chose et avec ces deux groupes, c'est toute une page du heavy allemand qui allait vivre un grand chamboulement.

Pourtant, la pochette ne trahit rien de cette mutation. Elle reste dans le style des précédentes, qui ont beaucoup marqué au début des années 80 (remember Lovedrive et le chewing gum...). La photo du groupe, elle, est bien plus parlante quant à l'orientation choisie. Les musiciens affichent des brushing travaillés et Matthias Jabs ne doit plus beaucoup se balader avec cette veste de nos jours. Un indice ? Possible, à moins qu'ils veuillent rester dans le coup par le biais de l'image. Le moyen le plus sûr de se faire une idée reste de se pencher sur la musique.

Et là, la guitare ne ment pas. Elle est très lisse, et délivre une mélodie léchée, soignée, mais sans réel dynamisme ; derrière, le jeu basse/batterie est simple, sans grande imagination. C'est calme, très accessible. Klaus Meine reste égal à lui-même, il chante très bien et se trouve parfaitement à l'aise sur ce registre plus délicat. Et quand on avait l'habitude d'être cueilli d'office par un coup dans le bide, il est difficile d'être comblé par ce Don't Stop At The Top inoffensif. Derrière, ça tente d'embrayer sur du lourd, les morceaux suivent une logique hard US et Scorpions a du mal à se rendre intéressant au milieu de ses idées un peu légères. Comme beaucoup de groupes européens s'essayant à conquérir les Etats-Unis en jouant la même musique, Scorpions peine à trouver la bonne formule et se traine du mieux qu'il peut. Heureusement, il y a toujours ce don de faire sonner un refrain, d'imaginer un solo court mais efficace, qui permet de ne pas sombrer bel et bien.

Que serait un album de Scorpions sans ses ballades ? Elles sont ici au nombre de deux et Still Loving You, sur le précédent album, avait placé la barre très très haut. En terme de popularité, difficile de faire mieux. Ici, Believe In Love pourrait tenter de relever le défi, mais l'album n'est pas assez fort pour la porter comme elle le mériterait. Difficile pour elle de se parer d'un manteau d'étoiles et de briller au firmament des hits parades. Walking On The Edge, elle, est trop facile pour espérer rester dans les annales.

Puis alors qu'on ne les attendait plus, deux titres rapides débarquent, prouvant que les Scorpions peuvent encore piquer et que cette piqûre est douloureuse à défaut d'être mortelle ici. Des morceaux qui ne sont pas sans évoquer les prouesses speed des albums du début des '80, plus entiers dans leur son, avec un batteur qui martèle ses fûts avec entrain. Et là, on se dit que malgré leur appel du pied aux USA, les musiciens ont peur de tenter leur chance à fond, comme s'ils savaient qu'ils ont gros à jouer et qu'au sloubi, ils n'ont pas tous les dés en main.

Bref, pour les fans de la première heure, c'est la douche froide. Attendre quatre ans pour un album en demi-teinte est terriblement frustrant. Et ce disque sera également celui de la discorde puisque le groupe ne travaillera plus avec son producteur Dieter Dierks, mettant fin à une collaboration de plus d'une décennie. Pour beaucoup, le début du déclin.



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Commentaires


Que de souvenirs! C'est sûr que quand on à connu "Lonesome crow", "Virgin killer", etc. cela sonne proprêt et formaté.
dim. 25 oct. 09- 01:25  


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