Deux années après le très bon
Carriers Of Dust, Vladimir et son projet black sympho
Mirrorthrone sortent de leur ombre suisse avec un nouvel album au nom évocateur, Gangrene. Annonciateur de mauvaise augure, prédicateur d'une déchéance certaine, Vladimir sait une nouvelle fois convaincre un auditoire pas forcément acquis à sa cause, par la seule force de ses convictions et de sa vision mêlant habilement apocalypse et romantisme de la plus belle des manières.
Six pistes pour un peu plus d'une heure de musique, vous voici prévenus!
Comme vous le savez,
Mirrorthrone est un one-man band, information cruciale pour juger des talents incontestables de notre cher capitaine Vladimir. Car pour mener ce navire dans les eaux abyssales metalliques, au gré des tempêtes de blasts et autres courants saturés, il en faut du talent! Que ce soit l'artwork, la production, le mixage et bien sûr la composition, tout est dirigé d'une main de maître par cet unique membre. Chapeau bas comme on dit!
Musicalement, Gangrene est dans la lignée de
Carriers Of Dust, mais en mieux! Cette description assez sommaire se voit justifiée par une surenchère de ce qui a fait la renommée de
Mirrorthrone sur le précédent opus, à savoir des mélodies envoûtantes, un chant tantôt black, tantôt clair (en anglais mais aussi en français) et des riffs géniaux. Surenchère oui, mais jamais dans la démesure, la finesse par la brutalité est ici un concept aussi étrange que réussi. Plus recherché donc, Gangrene fait preuve d'une étonnante facilité dans la composition de nappes de clavier irrésistibles.
Et oui, le travail finit bel et bien par apporter ses fruits, et ce n'est pas ce cher Vladimir qui me contredira!
Mirrorthrone dévoile sa vision apocalyptique d'un black-metal raffiné, plongé dans des atmosphères prenantes, à grands coups de riffs inspirés ("No One By My Side", "So Frail"), d'interludes au piano des plus réussies ("The Fecal Rebellion"...), le tout déchaîné par une batterie (ou plutôt Drum Machine) survoltée, incroyablement puissante, rapide et au jeu varié ("The Fecal Rebellion", "Ganglion"...). Autant vous dire qu'ici, ça pilonne sévère!
Impossible de parler de Gangrene sans évoquer le chant de Vladimir. Tout comme sur le précédent opus, une voix black, rêche, est majoritairement utilisée, bien que contrebalancée par un chant clair très expressif. Une vraie réussite, d'autant que l'alternance des vocaux présente une certaine variété fort bienvenue dans un album assez compact. Notons que les paroles, toujours aussi réfléchies, sont scandées en anglais, bien que certaines le soient dans la langue de Molière.
Autre point fort de cette sortie, les riffs acérés (comme sur "Une Existence Dont Personne Ne Jouit Plus", "No One By My Side" ou encore "So Frail"). Aux côtés de ces sublimes orchestrations, ils forment un tout résolument puissant et glauque, servi par une production bêton, ou chaque instrument est mis en valeur de façon équitable.
Quelle baffe!
Composés de longs morceaux évolutifs d'une richesse à toute épreuve, Gangrene saura faire plier lers hérétiques pour les rendre acquis à la cause de Vladimir, grand prédicateur aussi talentueux qu'inspiré. Aux frontières de l'avant-gardisme musical, c'est par une sincérité déconcertante, alliée à un génie symphonique, que cet album se démarque des autres sorties du style, qui en devient un must du genre. Trop peu reconnu encore,
Mirrorthrone mérite la plus grande attention, la qualité de ces sorties ne peut passer inaperçue.