Quatre ans après un « World Coming
Down » sinistre et inégal qui nous avait quelque peu laissé sur notre faim et fait germé une graine de doute dans notre esprit quand à l’avenir de
Type O Negative, les « rehab Four » remettent le couvert avec ce «
Life Is Killing Me » produit par le groupe.
Autant le dire tout de suite, trois minutes suffisent pour se rendre compte que les quatre musiciens de Brooklin ont retrouvé la pêche et une envie communicative apte à faire bouger la tête et flatter l’oreille. La basse et la voix de sa majesté Steele ont retrouvé toute leur superbe soulignées à merveille par les guitares et le chant d’un Kenny Hickey bien inspiré et de la batterie d’un Johnny Kelly toujours aussi sobre et efficace. Nous n’oublierons pas les claviers de Josh Silver toutefois un peu plus discret que sur les albums précédents mais qui remplissent leur rôle juste ce qu’il faut. Ou quand le moins fait le plus…..
Des 15 morceaux qui composent cet album, on ne jettera pas grand-chose
Tout ce qui fait le son et la patte
Type O Negative est présent dans ce disque. Il faut bien reconnaitre que nos quatre compères ont un talent incomparable pour mélanger plusieurs styles différents dans un même morceau sans pour autant désorienter l’auditeur.
On y retrouve pèle mêle les rythmiques lourdes et doomesques typique du groupe (le puissant « The Munsters » introduisant l’album, « IYDKMIGTHTKY », «
The Dream Is Dead » ou encore «
Life Is Killing Me »), les morceaux à l’ambiance gothique, moite et malsaine quasi cold wave (l’excellent « Nettie »), des morceaux frôlant la pop (les arrangements arabisants du très bon « Less Than Zero » et les trompettes de « (We Were) Electrocute » qui font penser aux Beatles et son « All You Need Is love » rappelant au passage l’admiration de Peter Steele pour John Lennon).
La bonne surprise, que les dieux du métal en soit loué, nous la devons à un retour aux sources avec des morceaux rapides à l’énergie quasi punk Rock : « I Don’t Wanna Be Me », « Angry Inch » ou encore « I Like Goils » et son texte hilarant. Avec ce morceau, Peter Steele remet les pendules à l’heure suite à l’affaire « Je pose nu dans Playgirls et devient une icône du mouvement gay » et nous fait comprendre de manière assez franche et directe combien il aime les rouquines mais pas les rouquins.
Au vue de la qualité et de la cohérence de l’ensemble, on leur pardonnera aisément l’intermède « Drunk In Paris » et son horrible synthé dont on peut se demander ce qu’il fait là. Nous supposerons que la capitale doit rappeler des bons souvenirs aux groupes.
Si cet album aura du mal à faire oublier «
Bloody Kisses » et « October Rust » dans le cœur des puristes, il n’empêche que «
Life Is Killing Me » s’avère un excellent cru apte à contenter le fan de longue date comme l’auditeur curieux de découvrir ce qui restera l’un des groupes phares de la mouvance « décibel et romantisme ».
Et ne vous fiez pas au titre de l’album car le groupe aura beau chanter à qui veut l’entendre que vivre le tue, avec ce disque il nous démontre avec brio que
Type O Negative est on ne peut plus vivant.
Tant mieux pour nous.
Tant pis pour mes voisins.