Voilà qui pourrait être un de ces vieux disques extraits de la poussière des années glorieuses du metal, lorsque
Slayer,
Kreator,
Sodom et autres
Celtic Frost n'étaient encore que de toutes jeunes formations qui commençaient à peine à sévir, que le terme "black metal" évoquait le titre d'un album de
Venom et que l'an 2000 consistait en un improbable futur fait de voitures volantes et autres hologrammes.
Pourtant, "The Merciless" est sorti en 2004 et les Norvégiens d'
Aura Noir, bien qu'ils ne soient pas tout à fait des nouveaux venus dans la scène metal, étaient encore un peu verts pour former un groupe dans les années 80. Ils ont par contre gardé de ces années toute la hargne, l'aspect cru, primitif et violent du thrash, en y incorporant des touches punk et black metal qui rappelleront aux amateurs certains des méfaits de
Darkthrone et autres
Carpathian Forest.
Ce n'est d'ailleurs sûrement pas pour rien qu'
Aura Noir est signé sur Tyrant Syndicate, division du label Peaceville créée par
Fenriz et Nocturno Culto du Trône Sombre. Et c'est encore moins un hasard si Nattefrost et
Fenriz sont les guests de cet album.
Blasphématoire et diabolique à souhait, "The Merciless" se révèle un disque particulièrement accrocheur et jouissif à écouter. La production, crue et primaire, tout comme les riffs simples, assez répétitifs et aux airs de déjà entendu, rebuteront certainement toute une frange de métalleux en recherche de subtilité et d'originalité. En revanche, ceux qui veulent du thrash crade, punkisant et blackisant avec un feeling définitivement old school et underground seront servis, parce que dans ce registre, Apollyon, Aggressor et Blasphemer sont très bons. C'est même leur spécialité depuis la création d'
Aura Noir.
Huit chansons, à peine vingt-huit minutes, le ton est déjà donné, pas de place ni de temps pour chipoter.
Autant dire que la plupart des titres de cet album des Norvégiens obéit à la même structure, avec le même objectif évident de faire headbanguer et répondre aux injonctions destructrices de son chanteur en levant sa bière. Basiquement, couplets et refrains s'enchaînent souvent sur les mêmes tempos, avec une base rythmique assez invariable et une orientation très rock où un solo fait son apparition à l'issue du deuxième couplet, avant qu'un break ne vienne s'amorcer et parfois conduire à un passage plus rapide, par exemple sur
Hell's Fire.
Les tempos et les enchaînements varient quand même, avec des chansons comme
Upon The Dark Throne ou
Funeral Thrash (s'il faut retenir UN hymne dans cet album, c'est lui) qui se caractérisent par leur aspect thrash, blastent sévèrement et incorporent des vocaux black tandis que
Black Metal Jaw (comme son nom ne l'indique pas) ou
Sordid sont bien plus orientées vers un rock'n'roll sale et haché, avec un tempo moins speed et un chant plus rauque et hurlé.
Le résultat final est en tout cas réussi, "The Merciless" est un vrai bon album de thrash à l'ancienne qu'on aurait mixé à du black metal et à du punk, un hommage aux vieilles gloires des 80's et un disque sans concessions résolument tourné vers l'underground. Dommage cependant que cet album soit si court, mais bon, si ça ne te plaît pas, retourne écouter
Opeth, sale hippie!