Petite démo qui s’est vite forgé une réputation dans les milieux underground français, voici From Dead Times To Depression, de
Hiver Noir.
Dès l’intro,
Hiver Noir embarque l’auditeur dans un monde funeste et hivernal où règne un silence de mort sur fond de Black Metal sombre et malsain. « Un silence de mort sur fond de Black Metal », original me direz-vous. Mais oui, c’est l’impression que l’on ressent lorsque l’on se penche sur cette démo.
Comment l’expliquer ? Eh bien disons que
Hiver Noir tente sans aucun doute de recréer des ambiances hivernales, ou plutôt de faire ressortir les contrastes entre la paisible quiétude que nous apporte la neige en hiver d’une part, cette neige qui camoufle tout bruit dans son épais manteau blanc, et la froideur glaciale qui inspire la misanthropie et le malaise d’autre part.
Ainsi, vous l’aurez compris, nos français jouent un Black Metal très froid, glaciale même, mais le son demeure très spécial. Ce que l’on pourrait à première vue considérer comme un mauvais mixage se révèle en fait être une forme d’originalité pour le groupe. Simple hasard ou décision délibérée ? Seuls les membres tiennent la réponse au creux de leurs mains.
Le Black Metal de
Hiver Noir est donc emmitouflé, emprisonné, écrasé dans une production des plus underground mais qui au final rendra très bien pour toute âme prenant la peine de rester plus de quelques secondes sur une musique qui, d’apparence, n’a absolument rien d’intéressant et d’original.
Hiver Noir propose de plus un Black Metal assez varié qui oscille entre une mouvance True Black et des influences puisant parfois dans le Black Ambiant mais qui flirte aussi avec une scène plus Doom/Suicidal. On remarquera Medieval Poetry, moment fort de l’album qui est à faire nous frissonner et qui est capable de nous faire imaginer des paysages sylvestres couverts de neige alors que l’on est en pleine été. Ses ambiances faussement calmes sont toutefois inquiétantes et nous mettent mal à l’aise. Le duo ‘batterie fondue dans l’arrière plan’ / ‘guitare mélodique désemparée’ vient accompagner un rare chant malsain et haineux. Le tempo qui s’accélère reproduit une sensation d’oppression qui gagne en intensité à chaque note.
C’est aussi sur ce modèle que se construit un titre tel que Eternal Sadness qui viendra affirmer la capacité des musiciens pour recréer des ambiances sombres et glaciales avec comme outils un Black Metal personnel, que l’on peut éventuellement (je dis bien éventuellement) rapprocher de la première démo de leurs compatriotes d’
Alcest, intitulée
Tristesse Hivernale.
Le thème de l’hiver n’est pas vraiment nouveau dans le milieu Black Metal. Tout le monde se remémore assez facilement certaines images d’
Immortal, des vieux
Satyricon ou encore, au hasard, de pochettes de
DarkThrone. Mais avec
Hiver Noir, on peut dire que ce thème est abordé d’une manière encore différente et pour le moins intéressante.
Avec cette démo, on peut dire que la scène française nous pond encore quelques trucs intéressants. Si cette démo jouit d’une réputation plutôt bonne, ce n’est pas pour rien, mais attention tout de même, elle est cependant loin d’être parfaite. Le son est vraiment crade et pas tellement puissant. La basse n’est que très peu présente, le chant se noie trop souvent dans les guitares, notons aussi que ce chant n’a rien de vraiment exceptionnel ou innovant.
Mais quand même, pour une réalisation qui n’a que le statut de ‘démo’, le rendu final est plutôt intéressant et courageux. Le son reste assez personnel et on sent un fort potentiel de la part du groupe, on le sent créatif. Comme il doit encore faire ses preuves, attendons avec impatience une prochaine démo, voire un album…