A l’image de ce
Moshroom et sa demi-heure de déflagration sonore, inutile de s’embarrasser de propos alambiqués ou de tourner autour du pot pour faire du remplissage : les Basques de
Infest nous sortent là un second album qui dévaste tout sur son passage, tout simplement.
En effet, avec cet album violent et sans concession qui sait se montrer très accrocheur et prenant –il n’y a de toute façon pas le temps de s’ennuyer-, les grindeux de Bayonne ne font pas dans la dentelle et se montrent aussi explosifs que sans pitié, envoyant le bois avec une avalanche de riffs dévastateurs, de blast beat barrés et de hurlements rageurs que n’aurait pas renié feu Mieszko Talarczyk (hurleur en chef de
Nasum).
Nasum qui semble d’ailleurs être une des influences majeures du combo tant on retrouve la marque des Suédois sur ce disque qui sur certains passages fleure bon le crust/punk et hardcore.
Comme nombre de disques de grind,
Moshroom ne se démarque certes pas par une immense originalité ou une grande variété entre des chansons qui s’enchaînent à un rythme haletant (on en compte vingt pour une durée de tout juste trente minutes). Ça tombe bien, ce n’est pas ce qu’on lui demande et la puissance musicale d’
Infest a cet aspect primaire et jouissif qui laisse penser que le groupe doit être énorme en live, dans le genre à donner tout ce qu’il a et à prendre plaisir à faire bouger son public (et accessoirement à lui faire péter les cervicales...).
Infest sait également « aérer » sa musique et ne propose pas une énième bouillie grind ultra-linéaire où aucune mélodie ni aucun riff ne seraient véritablement discernables. On dénote même un aspect parfois très accrocheur dans la façon dont le groupe fait varier les rythmiques pour ne pas s’enfoncer dans la monotonie, par exemple sur des titres comme « Future Is For Us » ou « Mr Polkak » où les tempos alternent et où les mélodies ont leur place.
Du côté des titres, certains se démarquent par leur nom parfois fort bien trouvé, que ce soit sous la forme de jeux de mots cyniques envers l’industrie musicale et les médias (« 20th Century Fucks », « Greatest [S]Hits »), d’ironie (« Peace Love Freedom And Flowers ») ou bien d’attaque virulente contre la religion(« Shoot The Pope »). Le groupe alterne entre des paroles dénonciatrices et d’autres beaucoup plus second degré et notamment éthyliques…
A l’écoute de cet album, on se surprend parfois à espérer un côté plus death/grind, même si après tout ce n’est peut-être tout simplement pas la démarche d'
Infest. Ainsi, on pourra regretter un certain manque de hurlements gutturaux ou growls qui auraient pu apporter un surplus de variété à une voix qui si elle est clairement efficace, à tendance à rester dans le même registre. Quant aux guitares, elles auraient peut-être mérité sur certains passages d’êtres plus lourdes et « gonflées », histoire de donner à l’ensemble une dimension plus brutale et massive.
En résumé, ce
Moshroom s’écoute définitivement avec plaisir, et s’il n’est ni une énorme surprise en soi, ni probablement un grand classique en devenir, il a le mérite d'être un disque intense et sincère avec une assez longue « durée de vie », proposant un bon grind accrocheur et à la production tout à fait honorable qu’on aimerait voir joué en live afin que le groupe donne tout son sens à cette démonstration de violence et d’énergie.