Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.
Dans cet album, Tout est monstrueux des guitares au chant, et le nouveau bassiste est non seulement très bon techniquement mais il est également mixé suffisamment en avant pour qu'on en profite. Nico maîtrise encore mieux son hurlement metalcore (comprendre vomi) et la prise de chant le met parfaitement en valeur... d'autant plus que l'homme a décidé de rendre ses paroles compréhensibles.
En effet Nico a fait d'énormes progrès au niveau de l'articulation et on peut désormais discerner les textes, assez sympas au demeurant sans donner dans le littéraire non plus. On remarquera que cet album ne présente aucun concept malgré l'abondance de références religieuses : des chansons comme "Prêcheur", "Sanctuaire" ou "Rédemption" ne font que traiter de sujets généralistes ancrés dans les relations humaines. La volonté d'en découdre du groupe transparaît en tous cas très vite : non seulement Trinité est aussi violent, technique et puissant que son prédécesseur mais il propose de plus une formule bien plus variée, ce qui manquait à
The Arrs jusqu'à présent.
Car ça y est,
The Arrs écrit de vraies chansons! On ne peut plus échanger les riffs entre eux et c'est du bonheur car on réalise enfin ce que le combo a dans le ventre. On découvre notamment un sens de la mélodie qui fait mal ("Originel"), un groove en béton armé ("Rédemption" et son riff irrésistible) et un talent pour lier thrash, hardcore et mélodeath qui laisse assez admiratif. Les chansons ne commencent plus toutes de la même manière, les tempos sont plus variés et le groupe sonne plus carré que jamais...
The Arrs démontre tout au long de cet album que le buzz créé autour d'eux n'est pas parti de nulle part et qu'ils comptent parmi les quelques formations françaises de stature internationale.
Par contre il reste encore du chemin... Si les deux premiers tiers de l'album sont du genre qui poutre, on finit par retrouver encore une fois cette impression de répétition qui nous avait gonflé à l'écoute de
Et la douleur est la même dans une bien moindre mesure. Le chant est tout de même extrêmement linéaire : Nico ne module presque pas son growl on ne compte qu'un passage en chant clair sur l'album. Et il y a encore quelques riffs qui renvoient les uns aux autres, comme ceux de Dissident qui semblent être tous tirés d'une des autres chansons de l'album. Mais les progrès accomplis depuis le premier effort sont vraiment impressionnant et ce deuxième album remplit sa fonction : il assied la crédibilité des
The Arrs dont on peut dire sans souci qu'ils méritent l'attention dont ils bénéficient. Je sens que le troisième va tout tuer...