En l’an 2000, le thrash fait peine à voir.
Slayer semble incapable de redresser la barre et devient limite ridicule,
Pantera lutte dans l’interne pour survivre selon les humeurs de ses membres, le nouveau groupe
Max Cavalera,
Soulfly, semble définitivement enterré dans un neo metal tribal qui a le don d’exaspérer les fans de
Sepultura, et même la relève
Machine Head tourne le dos pour se fondre dans la masse. On assiste à la mort accéléré de ce genre qui aura vécu des heures de gloires intenses en émotions.
Les anciens
Burn The Priest semblent enfin prêt, après 10 ans d’existence, à se lancer dans une course effrénée pour la survie du thrash metal. Deux années après la sortie de «
Burn The Priest », le groupe devient
Lamb Of God, signe de maturité et d’un départ sain.
Mais mettons les points sur les « i » et les barres sur les « t » directement.
Lamb Of God ne sera pas le sauveur tant attendu avec son «
New American Gospel ». Pourquoi ?
Même si la sauce prend vite avec « Black Label », la musique du combo de Richmond n’est pas à la hauteur de ses prédécesseurs. Malgré une lignée directe et évidente de ses influences, leur son n’a pas atteint son apogée et est difficilement assimilable. On constate, simplement et sûrement, que
Lamb Of God a tout pour devenir un grand. Des guitaristes talentueux qui pondent des riffs tranchants comme couteau de boucher, à la limite de la cassure sur certaines parties. Et même si on est loin des progrès effectués sur «
As The Palaces Burn » trois ans après, il y a dans l’ensemble de ce
New American Gospel des passages intéressants. Comme avec le morceau le plus long de l’album, qui possède également le titre le plus long de l’opus («
Terror And Hubris In The House Of Frank Pollard »), où un certain malaise s’installe sous les changements vocaux de
Randy Blythe, passant d’une voix aigue et psychotique à la férocité qu’on lui connait.
Le son des agneaux de dieux est clairement posé.
Ce qui fait de cet album un album moyen, c’est son manque d’homogénéité. On passe de morceaux entrainants, possédants une pesanteur agréable et sadique à des titres sans âme, donnant une impression de « fait à l’arrache » et ne servant qu’à remplir l’opus. Et on pourrait reprocher aussi à
Randy Blythe ses incessants changements de chants, passant du cri strident au chant guttural. On a cette étrange sensation d’inachevé finalement.
New American Gospel est un album dérangeant dans la discographie du groupe, mais aussi intéressant. Il montre avec précision les défauts que
Lamb Of God a réussit à effacer au fil des années. Vous pourrez headbanguer comme il se doit à l’écoute de « Pariah » ou « The Black Dahlia », mais vous ennuierez fermement en entendant le lourdingue « Warning » ou le répétitif « Letter To The Unborn ».
Un opus à posséder si vous êtes fan de
Lamb Of God, mais pas franchement indispensable aux fans de thrash qui ne verront là qu’un groupe bien fichu, mais malheureusement pas imparable. On constate le début mal calibré de l’évolution du style orchestré par le groupe de Richmond, en Virginie.