Retour à l'accueil
Chronique
Chroniques :: Chronique de Possessed

Chronique de Possessed

Venom  - Possessed (Album)

 3 
10

Production diabolique



Nous sommes en 1985.

...

Faites comme si. Tenez, pensez que le film Retour Vers le Futur est sorti cette année.

Bref, reprenons. Nous sommes en 1985. A cette époque, le thrash s'étend aux USA, mené par Slayer et Metallica tandis que Kreator constitue la réponse allemande à ces combos. En Suisse, Celtic Frost sort l'avant-gardiste To Mega Therion tandis que la Suède subit les assauts de Quorthon et de son Bathory. En traversant à nouveau l'océan Atlantique, on se rend compte que Voivod dévaste sournoisement le Canada et qu'une musique plus extrême encore va germer aux USA, sous l'impulsion des sombres Possessed. Et en Grande-Bretagne, les musiciens de Venom ne peuvent que contempler ces scènes dont ils sont les parrains directs ou indirects s'élever et les dépasser en terme de popularité. Même incapables de profiter du silence studio forcé de Motörhead, le trio de Newcastle doit pertinemment savoir que leurs meilleures années sont derrière eux.

Et c'est durant l'enregistrement de leur quatrième opus que Cronos et ses sbires vont sceller leur destin. Le groupe décide de produire lui-même ce disque en compagnie de Keith Nichol et à huit mains, ce sera une véritable cacophonie qui sera orchestrée. Si Megadeth est parvenu à tirer profit de conditions similaires pendant l'élaboration de son Killing Is My Business... And Business Is Good, Venom va payer très cher ce tâtonnement sonore.

L'album Possessed, c'est un peu le cliché du heavy metal bruyant, de la musique faite bruit. La batterie égratigne les oreilles, la basse remplit tout l'espace sonore, la guitare se retrouve noyée et peine à se remonter à la surface, le chant est tout simplement abominablement mixé. A ce niveau, ce ne sont plus des détails. C'est un tout et ce tout est salement nauséabond. Si un jeune groupe avait produit une telle démo, il y a aurait eu des circonstances atténuantes, les griefs auraient été moins lourds. Là, il s'agit d'un groupe professionnel dont la notoriété s'est construite sur une provoc' facile à base de satanisme de catéchisme. Circonstance aggravante, Venom n'a jamais eu la réputation d'être un bon groupe, ni même de posséder en son sein de bons musiciens. Et quand la production est même indigne de la préhistoire des enregistrements, le statut de groupe culte n'est plus suffisant pour espérer sauver sa tête.

Musicalement, Venom n'a pas trop bougé. Ils produisent toujours un heavy metal fortement influencé par Motörhead et fortement speedé, radical dans son approche, avec un chanteur qui crache sa haine. Il n'y a pas d'évolution à proprement parler. Par moment, et quand c'est discernable, les musiciens donnent même l'impression de ne pas tous jouer à la même vitesse, ou du moins parfaitement coordonnés. Et ne pouvant bénéficier d'un bon son, ce qui aurait pu être intéressant dans des conditions optimales semble n'être dans cette mélasse qu'une accumulation de défauts gênants.

Venom aura commis l'erreur de sortir ce disque tel quel. La réédition de 2002 en aura commis une autre : ne pas essayer de réhabiliter cet album en en proposant une version totalement remixée. Et le groupe fera une erreur encore plus grande, celle de se servir des concerts de support à cet opus pour proposer le poussif live Eine Kleine Nachtmusik. Mais les dés en sont jetés. Après avoir clamé son adoration pour le Diable, Venom va sombrer rapidement. Et sa descente aux Enfers va être longue, très longue...



Chroniquer cet album

Avis des chroniqueurs :
 



Chronique précédente

Tout

Chronique suivante


Commentaires




Possessed - Infos

Voir la discographie de Venom
Infos de Possessed
acheter sur Amazon Table './nanoroux_bdd/images' is marked as crashed and should be repaired